Zut de zut de flûte !
Je n'avais pas prévu un truc. Oh! un truc sans importance. Je n'avais pas prévu que ce serait si dur d'écrire à Paris. Sur Paris. C'est comme si j'essayais de coucher sur papier mes sentiments et mes émotions quand je commence à penser à l'infinité de l'univers et l'importance infinitésimale que j'ai en son sein. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce moment où on commence un peu à paniquer parce que, non, vraiment, c'est trop grand. Parce qu'on n'est pas à la hauteur de la tâche.
Je dois l'admettre, j'ai cru que ça allait être simple. Tout aussi simple qu'écrire en Angleterre, sur ma vie d'étudiante en Erasmus. Ben voyons ! Tiens, ma grande, voilà un mur : fonce dedans ! Les mots ne sont plus aussi évidents et simples à trouver que l'année dernière (sauf pour cet article. Evidemment.). Je ne pensais pas que ce serait plus difficile de démêler mes pensées et mes émotions ici que là-bas. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'écrire simplement, sans emprunter le ton compassé des types que je croise dans le VIIème. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'être juste moi, simplement moi (soyons réalistes, ceci est un étalage d'ego).
C'était différent en Angleterre. Je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt sur la raison. Pas précisément. Peut-être l'éloignement, la perte de repères, et, du coup, les retrouvailles avec le seul repère fiable que j'avais, là-bas : moi-même. Peut-être la distance qui m'épargnait (un tout petit peu) les questions du type "et si ce que j'écris ne plaît pas ?". Peut-être le voyage, ce que j'avais à écrire allait de soi.
A Paris, il y a une part de routine : je ne vais tout de même pas raconter mes repas, les cours, mes trajets dans les transports en commun... A Paris, il y a le manque de temps : il faut que je me rende à l'évidence, un des trésors d'Erasmus en Angleterre, c'est le peu d'heures de cours hebdomadaires. A Paris, il y a la fatigue et parfois le désespoir : je veux juste m'allonger sur mon lit et oublier ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu.
Alors, il est temps de reposer les pieds sur terre. Paris, c'est pas le paradis ! Je baisse un peu les exigences, je m'accorde une marge d'erreurs et d'imperfection. J'inspire profondément, yallah!
Love from Paris,
