mardi 30 septembre 2014

Et zut !

Zut de zut de flûte !

Je n'avais pas prévu un truc. Oh! un truc sans importance. Je n'avais pas prévu que ce serait si dur d'écrire à Paris. Sur Paris. C'est comme si j'essayais de coucher sur papier mes sentiments et mes émotions quand je commence à penser à l'infinité de l'univers et l'importance infinitésimale que j'ai en son sein. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce moment où on commence un peu à paniquer parce que, non, vraiment, c'est trop grand. Parce qu'on n'est pas à la hauteur de la tâche.

Je dois l'admettre, j'ai cru que ça allait être simple. Tout aussi simple qu'écrire en Angleterre, sur ma vie d'étudiante en Erasmus. Ben voyons ! Tiens, ma grande, voilà un mur : fonce dedans ! Les mots ne sont plus aussi évidents et simples à trouver que l'année dernière (sauf pour cet article. Evidemment.). Je ne pensais pas que ce serait plus difficile de démêler mes pensées et mes émotions ici que là-bas. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'écrire simplement, sans emprunter le ton compassé des types que je croise dans le VIIème. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'être juste moi, simplement moi (soyons réalistes, ceci est un étalage d'ego). 

C'était différent en Angleterre. Je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt sur la raison. Pas précisément. Peut-être l'éloignement, la perte de repères, et, du coup, les retrouvailles avec le seul repère fiable que j'avais, là-bas : moi-même. Peut-être la distance qui m'épargnait (un tout petit peu) les questions du type "et si ce que j'écris ne plaît pas ?". Peut-être le voyage, ce que j'avais à écrire allait de soi.

A Paris, il y a une part de routine : je ne vais tout de même pas raconter mes repas, les cours, mes trajets dans les transports en commun... A Paris, il y a le manque de temps : il faut que je me rende à l'évidence, un des trésors d'Erasmus en Angleterre, c'est le peu d'heures de cours hebdomadaires. A Paris, il y a la fatigue et parfois le désespoir : je veux juste m'allonger sur mon lit et oublier ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu. 

Alors, il est temps de reposer les pieds sur terre. Paris, c'est pas le paradis ! Je baisse un peu les exigences, je m'accorde une marge d'erreurs et d'imperfection. J'inspire profondément, yallah!

Love from Paris,


jeudi 25 septembre 2014

Presque (pas ?) Parisienne


Je reviens à Paris. Et je découvre à nouveau la capitale. C'est presque comme si je n'y avais jamais vécu. Comme toutes les grandes villes du monde, Paris ne se dévoile jamais tout à fait, ne se laisse pas connaître en son entièreté. Je reviens à Paris, et je vois la ville avec des yeux neufs, et en aperçois de nouveaux aspects. 

J'ai l'habitude de dire que mon départ pour Paris, il y a trois ans, fut mon premier grand voyage à l'étranger. Venue d'un tout petit village de province, j'ouvrais de grands yeux sur ce monde bruyant, mouvant, imprévisible. Qui ne ressemblait à rien de tout ce que j'avais pu voir auparavant. J'y suis arrivée seule, et la grande adolescente que j'étais a fait la maligne, cachant un peu trop bien ses doutes et ses peurs. Puis j'ai sombré.

Une année dans la campagne anglaise plus tard, je reviens grandie et (un peu) plus confiante. Une chose de sûre : je connais mal et pas assez Paris, et j'ai l'intention de remédier à cela. D'ailleurs, j'ai déjà commencé. En me baladant partout avec mon appareil photo pour regarder un peu mieux, en commençant ce blog pour fixer les choses dans ma mémoire un peu mieux.


Paris est une ville magnifique (au rayon banalités, 'y a pas mieux !). On se reprend : c'est une ville qui me touche, une ville dans laquelle je me sentirais presque chauvine. C'est une ville de vieilles pierres qu'on a épargnées (Dieu merci, ils ont mis la Défense à l'écart !), une ville de poètes et de romanciers, de rois et de manants, de triomphes et d'horreurs. Une ville qui réveille en moi un imaginaire construit par des siècles de types qui griffonnaient sur des bouts de papier - du Louvre des trois mousquetaires au Saint-Germain-des-Prés de Beauvoir, en passant par la cathédrale du bossu et la chambre sous les toits de Rastignac. Une image romantisée qui influence sans nul doute mes émotions. Et une image un rien passéiste, qui ravit mon âme nostalgique.

Bon, évidemment, tout n'est pas rose dans la Ville-lumière. Il y a la pollution qui enfume mes poumons à chaque respiration, J'entends presque chaque cellule de mon corps, de ma peau, de mes cheveux, réclamer un départ immédiat pour le coin le plus reculé de la planète, là où l'air est presque pur. Il y a le manque de verdure : quelques arbres le long des avenues, et quelques brins d'herbe un peu isolés au Jardin du Luxembourg ne parviendront pas à remplacer une bonne vieille forêt, avec de la mousse, des feuilles qui tombent, et des champignons. C'est la fille qui a grandi à la campagne qui parle.

Paris, c'est un tourbillon : des milliers de rues à parcourir, des millions de personnes à croiser et rencontrer, autant d'histoires à imaginer, des centaines et des centaines de trésors à trouver. Il y a tous les musées - du Louvre au musée des Monstres, tous les monuments - de la Tour Eiffel à la Sainte Chapelle, les bars et les restaurants, les parcs et les points de vue, les amis et les inconnus. Et le revers de la médaille : le tourbillon fou, le trop-plein.

Je retrouve intuitivement mon équilibre dans le métro, mon pas rapide, mon costume de Parisienne, qui ne sourit pas dans la rue et ne dit pas bonjour dans le métro. Mais quelque chose a changé. J'ai accepté que je ne serai jamais tout à fait une Parisienne. Parce que j'ai besoin d'arbres pour respirer. Parce que j'aime mon provincialisme, en fait. Parce que je me fais habitante provisoire et lointaine admiratrice de ce tourbillon. 
Je me sens chez moi à Paris mais je ne me sens pas Parisienne : c'est une contradiction ?

Love from Paris,