samedi 20 décembre 2014

Paris, ville des lumières

C'est ce moment de l'année, encore une fois. C'est bientôt Noël et Paris s'illumine.


L'ironie c'est que toutes ces ampoules nous empêchent encore plus que d'habitude d'apercevoir les étoiles...

Belles et heureuses fêtes de fin d'année !

Love from Paris,

mercredi 17 décembre 2014

Another first time - An American in Paris

Je continue sur ma lancée des premières fois - apparemment, c'est le moment !


Mercredi 10 décembre 2014, 20h30, Première de An American in Paris au Théâtre du Châtelet. Les "premières" se superposent : c'est ma première comédie musicale, la première mondiale, et ma première première ! Récit avec, en fond sonore, la musique des Gershwin et la voix d'Ella Fitzgerald : let's have some fun !

Affiche du spectacle - Théâtre du Châtelet

Alors, comment vous dire ? 'S wonderful ! C'était tellement génialissime, énormissime, incroyable, amaaazing, que j'ai failli ne pas écrire ce billet. Parce que j'ai peur de ne pas être à la hauteur, là... Mais je déborde d'enthousiasme et il me faut une soupape, ce à quoi va servir ce blog, encore une fois. Avant toute autre chose, si vous avez l'occasion d'aller voir la comédie, courez, foncez, volez ! Et, comme c'est complet, n'hésitez pas à attendre trois heures, devant le théâtre, dans le froid, avec une petite pancarte "cherche billet pour An American in Paris" - ça vaut le coup !


C'est l'adaptation scénique du film An American in Paris, dans lequel joue Gene Kelly, et que je n'ai pas eu l'honneur de voir. Il paraît qu'il y a beaucoup d'Oscars dans l'équation, des claquettes et de la musique qui reste dans la tête. Et une très (trop) longue scène de ballet bien ennuyeuse. Autant vous dire que le rythme de la comédie musicale a été réussi, lui, et qu'on ne s'ennuie pas un seul instant.
C'est une coproduction franco-américaine, et An American in Paris s'envolera outre-Atlantique, pour Broadway, au printemps prochain. Broadway, rien que ça. Donc la moitié des Américains de Paris sont là, mercredi soir, pour la première mondiale. Il y a des robes longues, des paillettes et des chapeaux hauts-de-forme. C'est en anglais, ce qui ne gâche rien, surtitré pour les Français, et il y a des blagues sur les relations franco-américaines ("I hate it when a Frenchman is right!").
Bref, voilà pour les présentations ! 


On s'installe et je regarde la scène toute proche avec des yeux aussi grands que des soucoupes (au moins). Le rideau se lève, la Seconde Guerre mondiale s'achève, le pain manque, des femmes sont "tondues" et maltraitées, des Juifs déportés sont accueillis dans la capitale - un jeune soldat américain tombe sous le charme d'une jolie Française, et décide de rester à Paris. 
On le suit dans sa découverte de la ville, dans ses amitiés naissantes avec un compositeur américain et un Français de bonne famille qui rêve de devenir un chanteur célèbre. On les regarde se disputer l'attention et l'amour de la jolie Lise, danseuse étoile en devenir - vous vous doutez bien qu'un seul des trois hommes connaîtra une happy ending, avec un tel scénario...
La bonne humeur et l'énergie déversées sur scène sont contagieuses. Chansons, bons mots, et danses se succèdent, nos pieds s'agitent un peu, en rythme, on sourit et on surrit, les applaudissements jaillissent régulièrement, ça swing. 

Photo Angela Sterling - Source : telegraph.co.uk

D'un point de vue très raisonnable, ce qui est intéressant, c'est la tension constante entre l'insouciance et la légèreté de la jeunesse des personnages principaux et des histoires d'amour, d'un côté, et, de l'autre, le souvenir de la guerre et du nazisme qui plane toujours au-dessus de tous les personnages - depuis les Français qui ont été résistants et ne savent plus vivre au grand jour, jusqu'au soldat américain qui refuse de parler de ce qu'il a vécu au front. 
Le monde essaie de renaître, mais le traumatisme est encore trop récent, mais la vie reprend déjà ses droits et l'amour n'attend pas, mais les souvenirs sombres reviennent au grand galop : c'est compliqué, le tiraillement est permanent, ça paraît vraisemblable.


Ça, c'était pour le commentaire raisonnable. La bonne nouvelle, c'est que je ne suis pas devenue complètement insensible comme je le craignais dans mon précédent billet. Moi qui parlais d'émerveillement, j'ai été servie, suspendue aux notes et aux pas, touchée, émue. An American in Paris a été une injection d'émerveillement pur.
Les décors sont extras, avec des jeux de miroirs, de couleurs, d'ombres et de formes. Le Paris des années 40 est reconstruit sous nos yeux : un réverbère, un kiosque à journaux, un arbre, un piano et, hop, on s'y croirait. La mise en scène est futée, et sert le rythme tantôt tendre tantôt effréné des pas de danse. Le texte est spirituel, drôle, on ne s'ennuie pas. L'histoire n'est pas d'une originalité folle, mais il n'y a ni incohérences ni lenteurs. Ça transpire l'amour aussi, et je ne crois pas que l'on puisse rester insensible à ça : donc si vous n'êtes pas amoureux en y allant, prévoyez de l'être à la sortie !
Au moins amoureux de Paris... Voire des danseurs. Parce que Paris et la danse sont les vraies vedettes. La Ville-lumière, en toile de fond, est fantasmée, éternellement belle. Et les danseurs s'envolent, gracieux. Puis notre pouls s'emballe au rythme effréné des claquettes. Ballet, valse, jazz, swing, les pas s'enchaînent. La technique est suffisamment maîtrisée pour se faire oublier derrière la magie et la poésie.



Et alors les acteurs... Ce ne sont pas des acteurs qui essaient de danser et de chanter. Non. Ils sont très bons acteurs et très bons chanteurs et excellents danseurs (ils passent du ballet aux claquettes avec le même sourire décontracté aux lèvres, ça laisse rêveur), en même temps - rien que ça. Le rôle principal masculin est tenu par un danseur étoile du New York City Ballet (Robert Fairchild) et le rôle principal féminin par une danseuse du Royal Ballet de Londres (Leanne Cope) - rien que ça ! Alors, oui, en sortant, on a bien envie de s'inscrire à des cours de danse...

Pour apercevoir quelques pas :


Déjà, le rideau s'abaisse, la lumière se rallume dans la salle. On se lève pour une longue standing ovation bien méritée. On applaudit à en avoir mal aux mains. Les regards se croisent, on essaie de retrouver dans les yeux de nos voisins notre excitation et notre joie. Le rideau rouge tombe définitivement, c'est le genre de trucs qui me fait détester encore plus les "fins". A ce moment-là, je sais déjà quelle va être la musique dans mes oreilles pour le mois à venir, histoire de prolonger le plaisir...

Je ne saurais terminer sans remercier, du fond du cœur, Clairette, mais aussi Laurette et Floraine, pour ce moment de bonheur pur : vous êtes formidables !

Love from Paris,

mercredi 10 décembre 2014

Première fois

3 décembre 2014. Vingt ans de vie, presque vingt-et-un...

Rien à voir, photo prise pendant la Nuit Blanche 2014 (octobre), place du Panthéon

Et c'était mon premier ballet... Casse-Noisette, la musique de Tchaïkovski, un élément de surprise, l'opéra Bastille, une amie de lycée, une nuit bien glaciale, l'intense fatigue du moment, un ingrédient mystère (il y en a un dans toutes les recettes). Bien mélanger le tout, vous obtenez une soirée qui fait chaud au cœur en ce début glacial de décembre.

Bon, malheureusement, j'étais, disons, "distraite" pendant une heure et demi, pas tout à fait attentive et vraiment pas atteinte. Ce que je veux dire par là c'est que je ressentais... eh bien, je ne ressentais rien. Ni la musique ni la danse ne parvenaient à me faire éprouver quoi que ce soit, j'étais anesthésiée. Les conditions étaient particulières mais, quand même, je suis une grande émotive, ce genre de trucs, ça m'atteint d'ordinaire. Là, j'étais retranchée dans une bulle cotonneuse et mon petit côté schizophrénique se faisait ressentir, avec une voix qui disait toute doucement "Ma chère Maud, il est temps de se secouer. Tu es en face d'un ballet. Un bal-let. BALLET. Youhou !" Et une autre voix... non, pardon pas d'autre voix, elle s'était endormie.

Bref, il m'a fallu du temps mais ça a fini par arriver. Après l'entracte. Et là, j'ai été émerveillée. En vrai, c'est tout ce que je demande - être émerveillée. Le plus possible, le plus souvent possible, le plus longtemps possible. Exigeante ? Moi ?!


Hum. Revenons à nos entrechats et arabesques. Nous étions donc à l'Opéra Bastille, au sommet de la salle, perchées dans les airs, avec une superbe vue en plongée sur la scène. L'orchestre se prépare, s'échauffe, les balcons se remplissent progressivement, on repère déjà ceux qui vont être bruyants et agaçants, les pédants sont les plus sonores ("Oh ce n'est qu'une métaphore ductile et à peine esquissée du cosmos, qui induit une sorte de diplopie et d'état psychédélique. Et figurez vous qu'il a écrit le texte sur un palimpseste, et qu'il n'y a pas une seule didascalie ! Bon, bien sûr, le résultat est un tantinet abscons, mais c'est fascinant du point de vue de l'herméneutique." - phrases imaginées), tout se met en place.


Casse-Noisette, ce ballet-féerie de Tchaïkovski (je tairai les noms mais on disait à ma gauche que l'on connaissait l'histoire grâce à Barbie Casse-Noisette... Hum hum.), ce fut une chance incroyable malgré mon état. J'avais beau être ahurie, je me rendais compte, bien raisonnablement, que l'orchestre était très bon, que les décors étaient splendides et que leur mise en place était parfaitement exécutée, que les costumes étaient réussis...
Je ne vais pas non plus écrire une critique, je ne m'y connais pas du tout. Mais même sans rien savoir, je voyais bien que la mise en scène était chouette mais sans surprise. Le danseur étoile et un des couples de l'acte 2 étaient incroyables, émouvants même de très loin, vibrants. En revanche, la danseuse étoile ne m'a jamais touchée, ne m'a jamais fait ressentir quelque chose (au point que je me disais juste que ça ne devait pas être marrant de passer sa soirée sur la pointe des pieds...) et m'a même fait peur à plusieurs reprises parce qu'elle semblait un peu vacillante, un peu tremblante. Et c'est dommage parce qu'on la voyait beaucoup, elle.
Ceci dit, ce fut un moment de grâce et de légèreté, féerique et poétique, un peu étrange parce qu'il était hors du temps, hors de ma course effrénée et de mon remue-méninges perpétuel.


Révérences, on applaudit vigoureusement pendant dix bonnes minutes, rideau.

Deux évidences : il faut que je retrouve mon lit le plus vite possible, et il faut que je retourne voir un ballet dans de meilleures conditions, histoire de vérifier que je ne suis pas devenue insensible !

Love from Paris,

mercredi 26 novembre 2014

Petites Annonces #1 - NNB

November Nervous Breakdown. NNB, pour les intimes. Le fameux. Voilà, je suis en plein dedans.
La grisaille envahit autant la météo que mon cerveau.

Merci à tous les humains bien vivants qui accepteront de briser ma solitude - face à des voix éteintes il y a plus de 600 ans, et des problèmes bien contemporains de barrage, de démoustication, et d'énergies renouvelables - de se signaler au plus vite !

Recherche en particulier individus acceptant de déguster du thé (ou toute boisson chaude qu'il vous plaira) avec moi, même par Skype, même pour cinq minutes.

Love from Paris,

lundi 24 novembre 2014

Mes larmes inutiles

Uniforme noir, long tablier blanc, un plateau sur lequel sont posées des tasses remplies de café, en équilibre sur sa main droite. Le serveur parisien comme on le voit sur les cartes postales. Il sort dans la rue et s'aventure sur la place Saint-Médard, au pied de la rue Mouffetard. Je ralentis mon pas pressé, intriguée. Je le regarde s'approcher des hommes assis par terre, contre les grilles de l'église, des canettes de bière renversées autour d'eux.

Admirative déjà, émue, je prends note j'irai boire un thé dans son café.
Il s'approche d'un des hommes, celui-ci se redresse, il tend sa main... et le serveur rit. "Non!" Il poursuit son chemin en arc-de-cercle, s'éloigne de l'homme à terre, et entre dans une des boutiques de la rue Mouffetard.
Non, en fait, je n'irai pas dans son café.

Dans ma petite ville d'Angleterre aseptisée, j'avais oublié les visages de la misère, j'avais oublié mon sentiment d'impuissance, j'avais oublié ma honte.


Love from Paris,

vendredi 21 novembre 2014

Brunch basque près du canal Saint-Martin - la branchouille parisienne

J'ai pas le temps mais un petit peu quand même, ou en tout cas je me le suis accordé. Pour fêter le temps qui passe, paradoxalement - ou peut-être pas si paradoxalement que ça ? Pour des anniversaires, donc, et l'un d'entre eux m'a menée dans un quartier que je ne connaissais pas encore, et j'ai donc découvert un bout de 10ème, avec un temps catastrophique - tout est une question de temps, en ce moment...


Dimanche, 13h00, c'est l'anniversaire de R. qui nous a donné rendez-vous à quelques pas du canal Saint-Martin, dans un repère de hipsters. Autant vous dire que je ne suis pas en terrain connu... On est une bande bien multi-culturelle - Australie, France, Suisse, Espagne, Royaume-Uni - et un peu trop nombreux pour le fameux repère : avec une file d'attente d'une dizaine de mètres, le chocolat chaud doit être sacrément bon !
On part en balade le long du canal pour trouver un plan B.


Il fait froid, l'air est humide, et je disparais dans mon énorme écharpe toute douce (voilà, j'ai réussi à glisser mon écharpe... je suis contente. J'en suis amoureuse, je crois, je passe bien trop de temps à en parler.). C'est un des plaisirs de l'Automne/Hiver : s'enfoncer dans de gros pulls et s'envelopper d'écharpes.

De jolies feuilles pas si mortes que ça colorent le sol
et craquent joyeusement sous nos pas.
Novembre à Paris, c'est pas tout gris !


Et on tombe sur ce petit restau pas si détonnant que cela dans le quartier : un basque à l'air bien branchouille, le Café Tolo (http://www.cafetolo.com/). Après concertations, sa carte satisfait à toutes les exigences - grandes et petites faims, végétariens et carnivores... Le décor est simili-industriel, pas trop mon truc en temps normal, mais étonnamment l'atmosphère est chaleureuse.



Donc voilà la tête d'un brunch basque ! Ajoutez à cela de la baguette qui croustille parfaitement et du beurre qui fond tout aussi parfaitement : des produits frais, de l'authenticité simple, du chocolat chaud... la recette du bonheur. Bon, le gâteau yaourt/citron était d'une fadeur triste. Et puis ce n'est pas donné (21€, le brunch), mais il m'a semblé que le rapport qualité/prix/brunch à Paris était correct (je vais manger plus de pâtes ce mois-ci, voilà tout !).


A la sortie, il pleut toujours, il fait encore plus froid, et je dois aller bosser.
Tant (temps !) pis, c'était du temps bien investi, je suis heureuse et mes forces sont renouvelées !

Love from Paris,

mardi 18 novembre 2014

Au temps pour moi

Ce qui me manque, en ce moment, c'est du temps.


Du temps pour m'arrêter, pour m'ennuyer, pour reprendre mon souffle, pour ne pas penser, pour ne pas tournoyer, pour ne pas m'asphyxier. Il faudrait juste que ça ralentisse, juste un petit peu, un tout petit peu.

Love from Paris,

mercredi 12 novembre 2014

Samedi, 9h00, au Palais Bourbon

9h00, 33 Quai d'Orsay, entrée des visiteurs.

Il m'a fallu bien des efforts (et pas mal de sonneries de mon réveil, j'avais prévu le coup) pour accepter de me lever tôt, après une semaine chargée. Bon, évidemment, l'idée d'aller visiter l'Assemblée nationale, et non la bibliothèque de Sciences Po, a aidé à rendre la chose un tantinet plus facile...

Un peu plus tard, de l'autre côté...


On est une bonne trentaine, tous étudiants à Sciences Po, les yeux encore gorgés de sommeil, les mains engourdies par le froid, mais impatients. Ça fait un peu sortie scolaire, une sorte de retour en primaire : on est un peu en rang, mais pas trop, parce qu'on est des grands donc on ne se tient plus la main non plus... Et c'est un peu le chahut mais pas trop parce qu'il y a les gentils accompagnateurs qui nous demandent d'être sages et de vérifier qu'on n'a pas d'outils coupants ou tranchants dans nos sacs et qu'on a bien notre carte d'identité. Bien sûr, les discussions ont changé : on parle dissertations, November nervous breakdown, intervention télévisée de François Hollande et engagement politique. Le week-end commence bien.



Jean-Paul nous accueille avec enthousiasme dans l'entrée de l'Assemblée. C'est notre guide et il est choupinou comme tout (j'ai du mal à trouver d'autres mots pour le décrire !). Enthousiaste, un peu exubérant, pas toujours cohérent, une suite de blagues bizarres, gentil, bref, choupinou. Il nous emmène d'abord visionner un film, on s'endort presque dans les confortables fauteuils rouges de la salle de cinéma souterraine, en regardant un député essayer de nous convaincre qu'il y a vraiment un interlocuteur à l'autre bout du fil de son téléphone (vidéo ici). C'est mal joué et hilarant. Les lumières se rallument et Jean-Paul entre dans le vif du sujet : le Palais Bourbon, son dédale de couloirs, ses dorures et sa solennité.



Après quelques couloirs, des lustres à pampilles impressionnants, des salles qu'on a déjà vues à la télévision, nous voilà face à la bibliothèque. Un véritable bijou ! Elle me donnerait presque envie de faire une carrière politique, rien que pour pouvoir feuilleter de très vieux bouquins sous les plafonds peints par Delacroix, pour me battre pour le bien commun, bien sûr.



On poursuit notre progression et on découvre l'hémicycle. "Hémicycle". Ce serait de la géométrie s'il n'y avait pas tout ce qu'on entend derrière ces quelques syllabes, toutes les implications politiques, morales et historiques. Alors, évidemment, c'est le clou de la visite. Surplomber ces sièges rouges, se tenir à quelques mètres du perchoir, entendre nos voix résonner contre le marbre vénérable... c'est mieux que LCP !




En fait, l'heure est grave. C'est émouvant de frôler du doigt le bois d'un pupitre, de s'approcher du banc des ministres, de lever les yeux au plafond, de se trouver là...
Mais déjà notre temps est écoulé. On prend le chemin de la sortie, tout doucement - une pause au milieu des Mariannes, une autre dans le bureau de poste, une dernière devant l'étroit tourniquet de la porte de sortie qui ressemble à un instrument de torture donc on hésite à avancer (personne n'est mort)... 


C'était important.
D'ailleurs, il est possible de visiter le Palais Bourbon depuis son salon, ici : http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/visite-panoramique.asp !

Love from Paris,


mercredi 5 novembre 2014

Impression, "soleil" parisien

La grisaille hivernale approche et commence déjà à effacer les couleurs de l'automne, les journées raccourcissent, la lumière se fait désirer, la pluie voile nos horizons. Novembre, la vie est belle...
Le Musée du Luxembourg est formidable : on peut y trouver une exposition colorée qui réchauffe les cœurs aussi sûrement qu'un bon chocolat chaud devant un feu de cheminée. Ce qui me fait penser qu'il faut vraiment que je me trouve une cheminée. Je commence à en voir dans mes rêves, la nuit.

Détail - Clair de Lune sur le Port de Boulogne, Manet

"Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme - Manet, Monet, Renoir". L'expo est donc consacrée à celui qui est présenté par le musée comme le "plus grand marchand d'art du XIXème siècle, découvreur des Impressionnistes, et inventeur du marché de l'art moderne". Paul Durand-Ruel, c'est ce passionné, ce type brillant qui a osé acheter les œuvres d'impressionnistes et se battre pour ces artistes, pour qu'ils soient enfin reconnus comme de "vrais", de grands artistes.
Renoir disait : "Durand-Ruel était un missionnaire. C'est une chance pour nous que sa religion ait été la peinture". Alors, oui, je trouve qu'il la mérite, cette expo, cet hommage à son audace et à son courage. Y sont rassemblés 80 chefs-d'oeuvre (tableaux, documents, dessins, bronzes) qu'il a achetés, exposés, vendus. Émerveillement garanti.

Les falaises et l'église à Varengeville, Monet

Des couleurs chaudes, de la vivacité, du mouvement, Renoir, Monet, Manet, de la danse, des portraits saisissants, des scènes émouvantes, de la vie. Et, rien à faire, quand il s'agit de représenter des arbres tourmentés par le vent, des roseaux graciles, des fleurs délicates, bref, la nature, les impressionnistes sont des génies !
A vrai dire, ça m'encourage à enlever mes lunettes plus souvent et plus longtemps, pour voir la vie avec mes yeux de myope, les couleurs qui se mêlent, les angles durs un peu estompés, les mouvements un peu plus flous, un peu plus fous.

La Seine à Bougival, Sisley

Bon, tout n'était pas parfait, bien sûr. Il y a le fait qu'il n'y ait que trois œuvres de deux femmes, Berthe Morisot et Mary Cassatt, qui soient exposées. Trois. Sur quatre-vingts. 
Et puis, apparemment, quand on a moins de quarante ans, on est moins à même d'apprécier un tableau et on doit passer peu de temps devant. Donc nous avons été régulièrement bousculées par des "plus âgés" (très 6ème arrondissement-BCBG), qui trouvaient qu'ils avaient plus le droit que nous de regarder. Les joies du musée payant.

Et un Degas pour la route !
(Le foyer de la danse à l'opéra de la rue Pelletier)

Mais cela n'a pas réussi à gâcher notre joie devant les trois Danses de Renoir, notre plaisir et notre émerveillement augmentés d'oeuvre en oeuvre, jusqu'à l'apothéose, le chocolat chaud, entre amis, avec le Panthéon en arrière-plan !
Le bonheur, c'est pas (toujours) compliqué.

Love from Paris, 



mercredi 29 octobre 2014

Moment, bus 27

Bonjour Madame ! Excusez moi de vous déranger, pourriez-vous me laisser votre place ?

La voix est tremblotante, le vieux monsieur s'appuie sur une canne, il se meut avec difficultés. Elle, elle est assise sur une des places prioritaires du bus, une de celles qu'on doit céder aux plus âgés que nous et aux femmes enceintes. Age moyen, l'air pas très frais certes, mais pas invalide.

Non.

Silence médusé de tous les passagers. La syllabe a fusé. Agressive, impolie.
Le vieux monsieur lui demande à nouveau, la tête penchée sur le côté, les yeux légèrement écarquillés. Non, de nouveau. Tant pis, il s'assied juste derrière sur le siège surélevé et peu pratique d'accès, poliment laissé à sa disposition.

Elle se retourne : vous avez une carte prioritaire ?

On manquerait presque d'oxygène, quarante paires de poumons viennent de retenir leur souffle. Le vieux monsieur bafouille que oui, évidemment, il a une carte prioritaire, mais il ne va tout de même pas la montrer, à son âge on ne ment plus, surtout pour ce genre de choses.

Elle insiste : je veux la voir !

La réponse ne se fait pas attendre. Madame, j'ai une carte prioritaire, mais je ne vais pas vous la montrer : je ne la montre pas aux andouilles. Quarante paire de poumons laissent l'air s'échapper, le rire se répand dans le véhicule, on se sourit. Elle, elle grommelle sur les vieux qui agressent les gens. On goûte avec plaisir à ce moment de cohésion à ses dépens.

Je suis arrivée en retard en cours.

J'aime le bus.

Love from Paris,


vendredi 24 octobre 2014

Souviens toi de vivre.

Memento mori à l'envers ou presque.
Il y a trois semaines, je visitai la basilique-cathédrale de Saint-Denis. Enfin.
C'était un voyage dans le temps, quinze siècles d'Histoire de France en accéléré.

Ça valait le coup, rien que pour la visite guidée de deux heures avec une passionnée, rien que pour entendre parler de regalia (insignes du pouvoir royal), de transis et de gisants, d'architecture ogivale (et pas "gothique", qui est un terme péjoratif), de morbide et de flamboyant.


Tout au bout de la ligne 13, se trouve un joyau d'architecture médiévale, la première cathédrale "gothique" française (bon, Sens revendique aussi le titre, il serait difficile de les départager...). Il est vrai que les échafaudages n'en laissent pas voir grand'chose pour le moment mais l'intérieur vaut le détour !


Pépin le Bref et Berthe "Aux grands pieds" (qui avait en fait un pied bot) nous y accueillent à bras croisés, gisants obligent. L'ombre de l'abbé Suger plane. De très très vieux fantômes nous frôlent, malicieux. 



Il ne fait pas très beau mais la lumière colorée par les vitraux inonde le bâtiment. Tout n'est que hauteur et luminosité, élégance et jeux d'ombres.


Les visiteurs jouent à cache-cache derrière les piliers. les flashs des appareils photos font connaître la lumière à de pauvres pierres coincées dans des recoins reculés, les conversations s'entre-mêlent, on est loin du silence de cathédrale. La vie a envahi ce mausolée royal.


Des caveaux vides, des gisants sans cadavres : la Révolution a atteint les monarques même dans leur mort. Et pourtant toutes ces traces de leurs sommeils éternels sont autant de témoignages qu'ils furent des vivants, des personnes de chair et de sang. Ils me semblent tout à coup plus humains, plus proches, si semblables, si émouvants.


Les cendres mêlées des familles royales françaises se trouvent derrière trois murs d'une toute pièce de quatre mètres carrés. Les noms sont gravés dans la pierre. Là, le silence s'impose.


Le passé est révolu, vive le présent !

Love from Paris,



jeudi 23 octobre 2014

Quand Paris se dore

C'est l'automne, enfin. 
Je suis partie en promenade au jardin du Luxembourg, pour regarder les feuilles tomber !







Il fait froid, les feuilles roussissent et tout doucement tourbillonnent jusqu'au sol. On peut demander un chocolat chaud ou une camomille à n'importe quelle heure, sans que les serveurs ne soient offusqués. Les pulls, les écharpes et les manteaux s'empilent, on s'emmitoufle. Il ne fait ni trop chaud, ni trop mauvais. Tout le monde tousse, on peut rester au chaud à la maison et regarder la pluie tomber sur Paris. J'aime l'automne.

Je retourne à ma soupe au potimarron !

Love from Paris,


vendredi 17 octobre 2014

Poésie nocturne

"Je vais te tuer la bouche, pétasse."

1 heure du matin, au bas de la rue Mouffetard.
Il a surgi de l'embrasure de porte, j'ai sursauté. Plus grand que moi de dix bons centimètres. Un peu trop proche, surtout.
Tout de suite, dans ma tête la réplique. "Tu embrasses si mal que ça ?" Juste après, les questions. Ou peut-être que je devrais le vouvoyer ? Trop agressive ? Trop, tout court ? Je sur-réagis ? Puis le constat : seule dans la rue avec lui. Mon téléphone ne marche pas.
Silence, je hâte le pas. Je passe mon chemin.

Une fois ma porte close, secouée, je sanglote en crispant les poings.
Le choc - ce n'est pas la première fois, loin de là, mais comment s'y "habituer" ? L'incertitude - peut-être aurais-je dû réagir ? Le dégoût - pas de lui, non, mais du fait qu'il me force à douter de moi-même, qu'il annule ma valeur et ma personne, et même du fait que je ne me sente pas tout à fait autorisée à pleurer pour ça. La peur. La colère - contre lui, contre moi-même, contre lui parce que je suis en colère contre moi-même à cause de lui.

Ca a tout gâché. Ma bonne journée, ma super soirée, l'anticipation des vacances, tout.
"Je vais te tuer la bouche, pétasse", et j'ai perdu pied.


Love from Paris,


PS : Je vais bien.


mardi 7 octobre 2014

Examens (tentative de survie)

C'est la mi-semestre et le grand retour des examens et autres gros devoirs. Des pages et des pages à noircir, du stress et de la fatigue. Donc pas vraiment de temps pour écrire ! Mais je prends des notes et je reviens bientôt...

mardi 30 septembre 2014

Et zut !

Zut de zut de flûte !

Je n'avais pas prévu un truc. Oh! un truc sans importance. Je n'avais pas prévu que ce serait si dur d'écrire à Paris. Sur Paris. C'est comme si j'essayais de coucher sur papier mes sentiments et mes émotions quand je commence à penser à l'infinité de l'univers et l'importance infinitésimale que j'ai en son sein. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce moment où on commence un peu à paniquer parce que, non, vraiment, c'est trop grand. Parce qu'on n'est pas à la hauteur de la tâche.

Je dois l'admettre, j'ai cru que ça allait être simple. Tout aussi simple qu'écrire en Angleterre, sur ma vie d'étudiante en Erasmus. Ben voyons ! Tiens, ma grande, voilà un mur : fonce dedans ! Les mots ne sont plus aussi évidents et simples à trouver que l'année dernière (sauf pour cet article. Evidemment.). Je ne pensais pas que ce serait plus difficile de démêler mes pensées et mes émotions ici que là-bas. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'écrire simplement, sans emprunter le ton compassé des types que je croise dans le VIIème. Je ne pensais pas que ce serait si compliqué d'être juste moi, simplement moi (soyons réalistes, ceci est un étalage d'ego). 

C'était différent en Angleterre. Je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt sur la raison. Pas précisément. Peut-être l'éloignement, la perte de repères, et, du coup, les retrouvailles avec le seul repère fiable que j'avais, là-bas : moi-même. Peut-être la distance qui m'épargnait (un tout petit peu) les questions du type "et si ce que j'écris ne plaît pas ?". Peut-être le voyage, ce que j'avais à écrire allait de soi.

A Paris, il y a une part de routine : je ne vais tout de même pas raconter mes repas, les cours, mes trajets dans les transports en commun... A Paris, il y a le manque de temps : il faut que je me rende à l'évidence, un des trésors d'Erasmus en Angleterre, c'est le peu d'heures de cours hebdomadaires. A Paris, il y a la fatigue et parfois le désespoir : je veux juste m'allonger sur mon lit et oublier ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu. 

Alors, il est temps de reposer les pieds sur terre. Paris, c'est pas le paradis ! Je baisse un peu les exigences, je m'accorde une marge d'erreurs et d'imperfection. J'inspire profondément, yallah!

Love from Paris,


jeudi 25 septembre 2014

Presque (pas ?) Parisienne


Je reviens à Paris. Et je découvre à nouveau la capitale. C'est presque comme si je n'y avais jamais vécu. Comme toutes les grandes villes du monde, Paris ne se dévoile jamais tout à fait, ne se laisse pas connaître en son entièreté. Je reviens à Paris, et je vois la ville avec des yeux neufs, et en aperçois de nouveaux aspects. 

J'ai l'habitude de dire que mon départ pour Paris, il y a trois ans, fut mon premier grand voyage à l'étranger. Venue d'un tout petit village de province, j'ouvrais de grands yeux sur ce monde bruyant, mouvant, imprévisible. Qui ne ressemblait à rien de tout ce que j'avais pu voir auparavant. J'y suis arrivée seule, et la grande adolescente que j'étais a fait la maligne, cachant un peu trop bien ses doutes et ses peurs. Puis j'ai sombré.

Une année dans la campagne anglaise plus tard, je reviens grandie et (un peu) plus confiante. Une chose de sûre : je connais mal et pas assez Paris, et j'ai l'intention de remédier à cela. D'ailleurs, j'ai déjà commencé. En me baladant partout avec mon appareil photo pour regarder un peu mieux, en commençant ce blog pour fixer les choses dans ma mémoire un peu mieux.


Paris est une ville magnifique (au rayon banalités, 'y a pas mieux !). On se reprend : c'est une ville qui me touche, une ville dans laquelle je me sentirais presque chauvine. C'est une ville de vieilles pierres qu'on a épargnées (Dieu merci, ils ont mis la Défense à l'écart !), une ville de poètes et de romanciers, de rois et de manants, de triomphes et d'horreurs. Une ville qui réveille en moi un imaginaire construit par des siècles de types qui griffonnaient sur des bouts de papier - du Louvre des trois mousquetaires au Saint-Germain-des-Prés de Beauvoir, en passant par la cathédrale du bossu et la chambre sous les toits de Rastignac. Une image romantisée qui influence sans nul doute mes émotions. Et une image un rien passéiste, qui ravit mon âme nostalgique.

Bon, évidemment, tout n'est pas rose dans la Ville-lumière. Il y a la pollution qui enfume mes poumons à chaque respiration, J'entends presque chaque cellule de mon corps, de ma peau, de mes cheveux, réclamer un départ immédiat pour le coin le plus reculé de la planète, là où l'air est presque pur. Il y a le manque de verdure : quelques arbres le long des avenues, et quelques brins d'herbe un peu isolés au Jardin du Luxembourg ne parviendront pas à remplacer une bonne vieille forêt, avec de la mousse, des feuilles qui tombent, et des champignons. C'est la fille qui a grandi à la campagne qui parle.

Paris, c'est un tourbillon : des milliers de rues à parcourir, des millions de personnes à croiser et rencontrer, autant d'histoires à imaginer, des centaines et des centaines de trésors à trouver. Il y a tous les musées - du Louvre au musée des Monstres, tous les monuments - de la Tour Eiffel à la Sainte Chapelle, les bars et les restaurants, les parcs et les points de vue, les amis et les inconnus. Et le revers de la médaille : le tourbillon fou, le trop-plein.

Je retrouve intuitivement mon équilibre dans le métro, mon pas rapide, mon costume de Parisienne, qui ne sourit pas dans la rue et ne dit pas bonjour dans le métro. Mais quelque chose a changé. J'ai accepté que je ne serai jamais tout à fait une Parisienne. Parce que j'ai besoin d'arbres pour respirer. Parce que j'aime mon provincialisme, en fait. Parce que je me fais habitante provisoire et lointaine admiratrice de ce tourbillon. 
Je me sens chez moi à Paris mais je ne me sens pas Parisienne : c'est une contradiction ?

Love from Paris,