mercredi 5 novembre 2014

Impression, "soleil" parisien

La grisaille hivernale approche et commence déjà à effacer les couleurs de l'automne, les journées raccourcissent, la lumière se fait désirer, la pluie voile nos horizons. Novembre, la vie est belle...
Le Musée du Luxembourg est formidable : on peut y trouver une exposition colorée qui réchauffe les cœurs aussi sûrement qu'un bon chocolat chaud devant un feu de cheminée. Ce qui me fait penser qu'il faut vraiment que je me trouve une cheminée. Je commence à en voir dans mes rêves, la nuit.

Détail - Clair de Lune sur le Port de Boulogne, Manet

"Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme - Manet, Monet, Renoir". L'expo est donc consacrée à celui qui est présenté par le musée comme le "plus grand marchand d'art du XIXème siècle, découvreur des Impressionnistes, et inventeur du marché de l'art moderne". Paul Durand-Ruel, c'est ce passionné, ce type brillant qui a osé acheter les œuvres d'impressionnistes et se battre pour ces artistes, pour qu'ils soient enfin reconnus comme de "vrais", de grands artistes.
Renoir disait : "Durand-Ruel était un missionnaire. C'est une chance pour nous que sa religion ait été la peinture". Alors, oui, je trouve qu'il la mérite, cette expo, cet hommage à son audace et à son courage. Y sont rassemblés 80 chefs-d'oeuvre (tableaux, documents, dessins, bronzes) qu'il a achetés, exposés, vendus. Émerveillement garanti.

Les falaises et l'église à Varengeville, Monet

Des couleurs chaudes, de la vivacité, du mouvement, Renoir, Monet, Manet, de la danse, des portraits saisissants, des scènes émouvantes, de la vie. Et, rien à faire, quand il s'agit de représenter des arbres tourmentés par le vent, des roseaux graciles, des fleurs délicates, bref, la nature, les impressionnistes sont des génies !
A vrai dire, ça m'encourage à enlever mes lunettes plus souvent et plus longtemps, pour voir la vie avec mes yeux de myope, les couleurs qui se mêlent, les angles durs un peu estompés, les mouvements un peu plus flous, un peu plus fous.

La Seine à Bougival, Sisley

Bon, tout n'était pas parfait, bien sûr. Il y a le fait qu'il n'y ait que trois œuvres de deux femmes, Berthe Morisot et Mary Cassatt, qui soient exposées. Trois. Sur quatre-vingts. 
Et puis, apparemment, quand on a moins de quarante ans, on est moins à même d'apprécier un tableau et on doit passer peu de temps devant. Donc nous avons été régulièrement bousculées par des "plus âgés" (très 6ème arrondissement-BCBG), qui trouvaient qu'ils avaient plus le droit que nous de regarder. Les joies du musée payant.

Et un Degas pour la route !
(Le foyer de la danse à l'opéra de la rue Pelletier)

Mais cela n'a pas réussi à gâcher notre joie devant les trois Danses de Renoir, notre plaisir et notre émerveillement augmentés d'oeuvre en oeuvre, jusqu'à l'apothéose, le chocolat chaud, entre amis, avec le Panthéon en arrière-plan !
Le bonheur, c'est pas (toujours) compliqué.

Love from Paris, 



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