samedi 20 décembre 2014

Paris, ville des lumières

C'est ce moment de l'année, encore une fois. C'est bientôt Noël et Paris s'illumine.


L'ironie c'est que toutes ces ampoules nous empêchent encore plus que d'habitude d'apercevoir les étoiles...

Belles et heureuses fêtes de fin d'année !

Love from Paris,

mercredi 17 décembre 2014

Another first time - An American in Paris

Je continue sur ma lancée des premières fois - apparemment, c'est le moment !


Mercredi 10 décembre 2014, 20h30, Première de An American in Paris au Théâtre du Châtelet. Les "premières" se superposent : c'est ma première comédie musicale, la première mondiale, et ma première première ! Récit avec, en fond sonore, la musique des Gershwin et la voix d'Ella Fitzgerald : let's have some fun !

Affiche du spectacle - Théâtre du Châtelet

Alors, comment vous dire ? 'S wonderful ! C'était tellement génialissime, énormissime, incroyable, amaaazing, que j'ai failli ne pas écrire ce billet. Parce que j'ai peur de ne pas être à la hauteur, là... Mais je déborde d'enthousiasme et il me faut une soupape, ce à quoi va servir ce blog, encore une fois. Avant toute autre chose, si vous avez l'occasion d'aller voir la comédie, courez, foncez, volez ! Et, comme c'est complet, n'hésitez pas à attendre trois heures, devant le théâtre, dans le froid, avec une petite pancarte "cherche billet pour An American in Paris" - ça vaut le coup !


C'est l'adaptation scénique du film An American in Paris, dans lequel joue Gene Kelly, et que je n'ai pas eu l'honneur de voir. Il paraît qu'il y a beaucoup d'Oscars dans l'équation, des claquettes et de la musique qui reste dans la tête. Et une très (trop) longue scène de ballet bien ennuyeuse. Autant vous dire que le rythme de la comédie musicale a été réussi, lui, et qu'on ne s'ennuie pas un seul instant.
C'est une coproduction franco-américaine, et An American in Paris s'envolera outre-Atlantique, pour Broadway, au printemps prochain. Broadway, rien que ça. Donc la moitié des Américains de Paris sont là, mercredi soir, pour la première mondiale. Il y a des robes longues, des paillettes et des chapeaux hauts-de-forme. C'est en anglais, ce qui ne gâche rien, surtitré pour les Français, et il y a des blagues sur les relations franco-américaines ("I hate it when a Frenchman is right!").
Bref, voilà pour les présentations ! 


On s'installe et je regarde la scène toute proche avec des yeux aussi grands que des soucoupes (au moins). Le rideau se lève, la Seconde Guerre mondiale s'achève, le pain manque, des femmes sont "tondues" et maltraitées, des Juifs déportés sont accueillis dans la capitale - un jeune soldat américain tombe sous le charme d'une jolie Française, et décide de rester à Paris. 
On le suit dans sa découverte de la ville, dans ses amitiés naissantes avec un compositeur américain et un Français de bonne famille qui rêve de devenir un chanteur célèbre. On les regarde se disputer l'attention et l'amour de la jolie Lise, danseuse étoile en devenir - vous vous doutez bien qu'un seul des trois hommes connaîtra une happy ending, avec un tel scénario...
La bonne humeur et l'énergie déversées sur scène sont contagieuses. Chansons, bons mots, et danses se succèdent, nos pieds s'agitent un peu, en rythme, on sourit et on surrit, les applaudissements jaillissent régulièrement, ça swing. 

Photo Angela Sterling - Source : telegraph.co.uk

D'un point de vue très raisonnable, ce qui est intéressant, c'est la tension constante entre l'insouciance et la légèreté de la jeunesse des personnages principaux et des histoires d'amour, d'un côté, et, de l'autre, le souvenir de la guerre et du nazisme qui plane toujours au-dessus de tous les personnages - depuis les Français qui ont été résistants et ne savent plus vivre au grand jour, jusqu'au soldat américain qui refuse de parler de ce qu'il a vécu au front. 
Le monde essaie de renaître, mais le traumatisme est encore trop récent, mais la vie reprend déjà ses droits et l'amour n'attend pas, mais les souvenirs sombres reviennent au grand galop : c'est compliqué, le tiraillement est permanent, ça paraît vraisemblable.


Ça, c'était pour le commentaire raisonnable. La bonne nouvelle, c'est que je ne suis pas devenue complètement insensible comme je le craignais dans mon précédent billet. Moi qui parlais d'émerveillement, j'ai été servie, suspendue aux notes et aux pas, touchée, émue. An American in Paris a été une injection d'émerveillement pur.
Les décors sont extras, avec des jeux de miroirs, de couleurs, d'ombres et de formes. Le Paris des années 40 est reconstruit sous nos yeux : un réverbère, un kiosque à journaux, un arbre, un piano et, hop, on s'y croirait. La mise en scène est futée, et sert le rythme tantôt tendre tantôt effréné des pas de danse. Le texte est spirituel, drôle, on ne s'ennuie pas. L'histoire n'est pas d'une originalité folle, mais il n'y a ni incohérences ni lenteurs. Ça transpire l'amour aussi, et je ne crois pas que l'on puisse rester insensible à ça : donc si vous n'êtes pas amoureux en y allant, prévoyez de l'être à la sortie !
Au moins amoureux de Paris... Voire des danseurs. Parce que Paris et la danse sont les vraies vedettes. La Ville-lumière, en toile de fond, est fantasmée, éternellement belle. Et les danseurs s'envolent, gracieux. Puis notre pouls s'emballe au rythme effréné des claquettes. Ballet, valse, jazz, swing, les pas s'enchaînent. La technique est suffisamment maîtrisée pour se faire oublier derrière la magie et la poésie.



Et alors les acteurs... Ce ne sont pas des acteurs qui essaient de danser et de chanter. Non. Ils sont très bons acteurs et très bons chanteurs et excellents danseurs (ils passent du ballet aux claquettes avec le même sourire décontracté aux lèvres, ça laisse rêveur), en même temps - rien que ça. Le rôle principal masculin est tenu par un danseur étoile du New York City Ballet (Robert Fairchild) et le rôle principal féminin par une danseuse du Royal Ballet de Londres (Leanne Cope) - rien que ça ! Alors, oui, en sortant, on a bien envie de s'inscrire à des cours de danse...

Pour apercevoir quelques pas :


Déjà, le rideau s'abaisse, la lumière se rallume dans la salle. On se lève pour une longue standing ovation bien méritée. On applaudit à en avoir mal aux mains. Les regards se croisent, on essaie de retrouver dans les yeux de nos voisins notre excitation et notre joie. Le rideau rouge tombe définitivement, c'est le genre de trucs qui me fait détester encore plus les "fins". A ce moment-là, je sais déjà quelle va être la musique dans mes oreilles pour le mois à venir, histoire de prolonger le plaisir...

Je ne saurais terminer sans remercier, du fond du cœur, Clairette, mais aussi Laurette et Floraine, pour ce moment de bonheur pur : vous êtes formidables !

Love from Paris,

mercredi 10 décembre 2014

Première fois

3 décembre 2014. Vingt ans de vie, presque vingt-et-un...

Rien à voir, photo prise pendant la Nuit Blanche 2014 (octobre), place du Panthéon

Et c'était mon premier ballet... Casse-Noisette, la musique de Tchaïkovski, un élément de surprise, l'opéra Bastille, une amie de lycée, une nuit bien glaciale, l'intense fatigue du moment, un ingrédient mystère (il y en a un dans toutes les recettes). Bien mélanger le tout, vous obtenez une soirée qui fait chaud au cœur en ce début glacial de décembre.

Bon, malheureusement, j'étais, disons, "distraite" pendant une heure et demi, pas tout à fait attentive et vraiment pas atteinte. Ce que je veux dire par là c'est que je ressentais... eh bien, je ne ressentais rien. Ni la musique ni la danse ne parvenaient à me faire éprouver quoi que ce soit, j'étais anesthésiée. Les conditions étaient particulières mais, quand même, je suis une grande émotive, ce genre de trucs, ça m'atteint d'ordinaire. Là, j'étais retranchée dans une bulle cotonneuse et mon petit côté schizophrénique se faisait ressentir, avec une voix qui disait toute doucement "Ma chère Maud, il est temps de se secouer. Tu es en face d'un ballet. Un bal-let. BALLET. Youhou !" Et une autre voix... non, pardon pas d'autre voix, elle s'était endormie.

Bref, il m'a fallu du temps mais ça a fini par arriver. Après l'entracte. Et là, j'ai été émerveillée. En vrai, c'est tout ce que je demande - être émerveillée. Le plus possible, le plus souvent possible, le plus longtemps possible. Exigeante ? Moi ?!


Hum. Revenons à nos entrechats et arabesques. Nous étions donc à l'Opéra Bastille, au sommet de la salle, perchées dans les airs, avec une superbe vue en plongée sur la scène. L'orchestre se prépare, s'échauffe, les balcons se remplissent progressivement, on repère déjà ceux qui vont être bruyants et agaçants, les pédants sont les plus sonores ("Oh ce n'est qu'une métaphore ductile et à peine esquissée du cosmos, qui induit une sorte de diplopie et d'état psychédélique. Et figurez vous qu'il a écrit le texte sur un palimpseste, et qu'il n'y a pas une seule didascalie ! Bon, bien sûr, le résultat est un tantinet abscons, mais c'est fascinant du point de vue de l'herméneutique." - phrases imaginées), tout se met en place.


Casse-Noisette, ce ballet-féerie de Tchaïkovski (je tairai les noms mais on disait à ma gauche que l'on connaissait l'histoire grâce à Barbie Casse-Noisette... Hum hum.), ce fut une chance incroyable malgré mon état. J'avais beau être ahurie, je me rendais compte, bien raisonnablement, que l'orchestre était très bon, que les décors étaient splendides et que leur mise en place était parfaitement exécutée, que les costumes étaient réussis...
Je ne vais pas non plus écrire une critique, je ne m'y connais pas du tout. Mais même sans rien savoir, je voyais bien que la mise en scène était chouette mais sans surprise. Le danseur étoile et un des couples de l'acte 2 étaient incroyables, émouvants même de très loin, vibrants. En revanche, la danseuse étoile ne m'a jamais touchée, ne m'a jamais fait ressentir quelque chose (au point que je me disais juste que ça ne devait pas être marrant de passer sa soirée sur la pointe des pieds...) et m'a même fait peur à plusieurs reprises parce qu'elle semblait un peu vacillante, un peu tremblante. Et c'est dommage parce qu'on la voyait beaucoup, elle.
Ceci dit, ce fut un moment de grâce et de légèreté, féerique et poétique, un peu étrange parce qu'il était hors du temps, hors de ma course effrénée et de mon remue-méninges perpétuel.


Révérences, on applaudit vigoureusement pendant dix bonnes minutes, rideau.

Deux évidences : il faut que je retrouve mon lit le plus vite possible, et il faut que je retourne voir un ballet dans de meilleures conditions, histoire de vérifier que je ne suis pas devenue insensible !

Love from Paris,