mercredi 26 novembre 2014

Petites Annonces #1 - NNB

November Nervous Breakdown. NNB, pour les intimes. Le fameux. Voilà, je suis en plein dedans.
La grisaille envahit autant la météo que mon cerveau.

Merci à tous les humains bien vivants qui accepteront de briser ma solitude - face à des voix éteintes il y a plus de 600 ans, et des problèmes bien contemporains de barrage, de démoustication, et d'énergies renouvelables - de se signaler au plus vite !

Recherche en particulier individus acceptant de déguster du thé (ou toute boisson chaude qu'il vous plaira) avec moi, même par Skype, même pour cinq minutes.

Love from Paris,

lundi 24 novembre 2014

Mes larmes inutiles

Uniforme noir, long tablier blanc, un plateau sur lequel sont posées des tasses remplies de café, en équilibre sur sa main droite. Le serveur parisien comme on le voit sur les cartes postales. Il sort dans la rue et s'aventure sur la place Saint-Médard, au pied de la rue Mouffetard. Je ralentis mon pas pressé, intriguée. Je le regarde s'approcher des hommes assis par terre, contre les grilles de l'église, des canettes de bière renversées autour d'eux.

Admirative déjà, émue, je prends note j'irai boire un thé dans son café.
Il s'approche d'un des hommes, celui-ci se redresse, il tend sa main... et le serveur rit. "Non!" Il poursuit son chemin en arc-de-cercle, s'éloigne de l'homme à terre, et entre dans une des boutiques de la rue Mouffetard.
Non, en fait, je n'irai pas dans son café.

Dans ma petite ville d'Angleterre aseptisée, j'avais oublié les visages de la misère, j'avais oublié mon sentiment d'impuissance, j'avais oublié ma honte.


Love from Paris,

vendredi 21 novembre 2014

Brunch basque près du canal Saint-Martin - la branchouille parisienne

J'ai pas le temps mais un petit peu quand même, ou en tout cas je me le suis accordé. Pour fêter le temps qui passe, paradoxalement - ou peut-être pas si paradoxalement que ça ? Pour des anniversaires, donc, et l'un d'entre eux m'a menée dans un quartier que je ne connaissais pas encore, et j'ai donc découvert un bout de 10ème, avec un temps catastrophique - tout est une question de temps, en ce moment...


Dimanche, 13h00, c'est l'anniversaire de R. qui nous a donné rendez-vous à quelques pas du canal Saint-Martin, dans un repère de hipsters. Autant vous dire que je ne suis pas en terrain connu... On est une bande bien multi-culturelle - Australie, France, Suisse, Espagne, Royaume-Uni - et un peu trop nombreux pour le fameux repère : avec une file d'attente d'une dizaine de mètres, le chocolat chaud doit être sacrément bon !
On part en balade le long du canal pour trouver un plan B.


Il fait froid, l'air est humide, et je disparais dans mon énorme écharpe toute douce (voilà, j'ai réussi à glisser mon écharpe... je suis contente. J'en suis amoureuse, je crois, je passe bien trop de temps à en parler.). C'est un des plaisirs de l'Automne/Hiver : s'enfoncer dans de gros pulls et s'envelopper d'écharpes.

De jolies feuilles pas si mortes que ça colorent le sol
et craquent joyeusement sous nos pas.
Novembre à Paris, c'est pas tout gris !


Et on tombe sur ce petit restau pas si détonnant que cela dans le quartier : un basque à l'air bien branchouille, le Café Tolo (http://www.cafetolo.com/). Après concertations, sa carte satisfait à toutes les exigences - grandes et petites faims, végétariens et carnivores... Le décor est simili-industriel, pas trop mon truc en temps normal, mais étonnamment l'atmosphère est chaleureuse.



Donc voilà la tête d'un brunch basque ! Ajoutez à cela de la baguette qui croustille parfaitement et du beurre qui fond tout aussi parfaitement : des produits frais, de l'authenticité simple, du chocolat chaud... la recette du bonheur. Bon, le gâteau yaourt/citron était d'une fadeur triste. Et puis ce n'est pas donné (21€, le brunch), mais il m'a semblé que le rapport qualité/prix/brunch à Paris était correct (je vais manger plus de pâtes ce mois-ci, voilà tout !).


A la sortie, il pleut toujours, il fait encore plus froid, et je dois aller bosser.
Tant (temps !) pis, c'était du temps bien investi, je suis heureuse et mes forces sont renouvelées !

Love from Paris,

mardi 18 novembre 2014

Au temps pour moi

Ce qui me manque, en ce moment, c'est du temps.


Du temps pour m'arrêter, pour m'ennuyer, pour reprendre mon souffle, pour ne pas penser, pour ne pas tournoyer, pour ne pas m'asphyxier. Il faudrait juste que ça ralentisse, juste un petit peu, un tout petit peu.

Love from Paris,

mercredi 12 novembre 2014

Samedi, 9h00, au Palais Bourbon

9h00, 33 Quai d'Orsay, entrée des visiteurs.

Il m'a fallu bien des efforts (et pas mal de sonneries de mon réveil, j'avais prévu le coup) pour accepter de me lever tôt, après une semaine chargée. Bon, évidemment, l'idée d'aller visiter l'Assemblée nationale, et non la bibliothèque de Sciences Po, a aidé à rendre la chose un tantinet plus facile...

Un peu plus tard, de l'autre côté...


On est une bonne trentaine, tous étudiants à Sciences Po, les yeux encore gorgés de sommeil, les mains engourdies par le froid, mais impatients. Ça fait un peu sortie scolaire, une sorte de retour en primaire : on est un peu en rang, mais pas trop, parce qu'on est des grands donc on ne se tient plus la main non plus... Et c'est un peu le chahut mais pas trop parce qu'il y a les gentils accompagnateurs qui nous demandent d'être sages et de vérifier qu'on n'a pas d'outils coupants ou tranchants dans nos sacs et qu'on a bien notre carte d'identité. Bien sûr, les discussions ont changé : on parle dissertations, November nervous breakdown, intervention télévisée de François Hollande et engagement politique. Le week-end commence bien.



Jean-Paul nous accueille avec enthousiasme dans l'entrée de l'Assemblée. C'est notre guide et il est choupinou comme tout (j'ai du mal à trouver d'autres mots pour le décrire !). Enthousiaste, un peu exubérant, pas toujours cohérent, une suite de blagues bizarres, gentil, bref, choupinou. Il nous emmène d'abord visionner un film, on s'endort presque dans les confortables fauteuils rouges de la salle de cinéma souterraine, en regardant un député essayer de nous convaincre qu'il y a vraiment un interlocuteur à l'autre bout du fil de son téléphone (vidéo ici). C'est mal joué et hilarant. Les lumières se rallument et Jean-Paul entre dans le vif du sujet : le Palais Bourbon, son dédale de couloirs, ses dorures et sa solennité.



Après quelques couloirs, des lustres à pampilles impressionnants, des salles qu'on a déjà vues à la télévision, nous voilà face à la bibliothèque. Un véritable bijou ! Elle me donnerait presque envie de faire une carrière politique, rien que pour pouvoir feuilleter de très vieux bouquins sous les plafonds peints par Delacroix, pour me battre pour le bien commun, bien sûr.



On poursuit notre progression et on découvre l'hémicycle. "Hémicycle". Ce serait de la géométrie s'il n'y avait pas tout ce qu'on entend derrière ces quelques syllabes, toutes les implications politiques, morales et historiques. Alors, évidemment, c'est le clou de la visite. Surplomber ces sièges rouges, se tenir à quelques mètres du perchoir, entendre nos voix résonner contre le marbre vénérable... c'est mieux que LCP !




En fait, l'heure est grave. C'est émouvant de frôler du doigt le bois d'un pupitre, de s'approcher du banc des ministres, de lever les yeux au plafond, de se trouver là...
Mais déjà notre temps est écoulé. On prend le chemin de la sortie, tout doucement - une pause au milieu des Mariannes, une autre dans le bureau de poste, une dernière devant l'étroit tourniquet de la porte de sortie qui ressemble à un instrument de torture donc on hésite à avancer (personne n'est mort)... 


C'était important.
D'ailleurs, il est possible de visiter le Palais Bourbon depuis son salon, ici : http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/visite-panoramique.asp !

Love from Paris,


mercredi 5 novembre 2014

Impression, "soleil" parisien

La grisaille hivernale approche et commence déjà à effacer les couleurs de l'automne, les journées raccourcissent, la lumière se fait désirer, la pluie voile nos horizons. Novembre, la vie est belle...
Le Musée du Luxembourg est formidable : on peut y trouver une exposition colorée qui réchauffe les cœurs aussi sûrement qu'un bon chocolat chaud devant un feu de cheminée. Ce qui me fait penser qu'il faut vraiment que je me trouve une cheminée. Je commence à en voir dans mes rêves, la nuit.

Détail - Clair de Lune sur le Port de Boulogne, Manet

"Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme - Manet, Monet, Renoir". L'expo est donc consacrée à celui qui est présenté par le musée comme le "plus grand marchand d'art du XIXème siècle, découvreur des Impressionnistes, et inventeur du marché de l'art moderne". Paul Durand-Ruel, c'est ce passionné, ce type brillant qui a osé acheter les œuvres d'impressionnistes et se battre pour ces artistes, pour qu'ils soient enfin reconnus comme de "vrais", de grands artistes.
Renoir disait : "Durand-Ruel était un missionnaire. C'est une chance pour nous que sa religion ait été la peinture". Alors, oui, je trouve qu'il la mérite, cette expo, cet hommage à son audace et à son courage. Y sont rassemblés 80 chefs-d'oeuvre (tableaux, documents, dessins, bronzes) qu'il a achetés, exposés, vendus. Émerveillement garanti.

Les falaises et l'église à Varengeville, Monet

Des couleurs chaudes, de la vivacité, du mouvement, Renoir, Monet, Manet, de la danse, des portraits saisissants, des scènes émouvantes, de la vie. Et, rien à faire, quand il s'agit de représenter des arbres tourmentés par le vent, des roseaux graciles, des fleurs délicates, bref, la nature, les impressionnistes sont des génies !
A vrai dire, ça m'encourage à enlever mes lunettes plus souvent et plus longtemps, pour voir la vie avec mes yeux de myope, les couleurs qui se mêlent, les angles durs un peu estompés, les mouvements un peu plus flous, un peu plus fous.

La Seine à Bougival, Sisley

Bon, tout n'était pas parfait, bien sûr. Il y a le fait qu'il n'y ait que trois œuvres de deux femmes, Berthe Morisot et Mary Cassatt, qui soient exposées. Trois. Sur quatre-vingts. 
Et puis, apparemment, quand on a moins de quarante ans, on est moins à même d'apprécier un tableau et on doit passer peu de temps devant. Donc nous avons été régulièrement bousculées par des "plus âgés" (très 6ème arrondissement-BCBG), qui trouvaient qu'ils avaient plus le droit que nous de regarder. Les joies du musée payant.

Et un Degas pour la route !
(Le foyer de la danse à l'opéra de la rue Pelletier)

Mais cela n'a pas réussi à gâcher notre joie devant les trois Danses de Renoir, notre plaisir et notre émerveillement augmentés d'oeuvre en oeuvre, jusqu'à l'apothéose, le chocolat chaud, entre amis, avec le Panthéon en arrière-plan !
Le bonheur, c'est pas (toujours) compliqué.

Love from Paris,