Il m'a fallu bien des efforts (et pas mal de sonneries de mon réveil, j'avais prévu le coup) pour accepter de me lever tôt, après une semaine chargée. Bon, évidemment, l'idée d'aller visiter l'Assemblée nationale, et non la bibliothèque de Sciences Po, a aidé à rendre la chose un tantinet plus facile...
Un peu plus tard, de l'autre côté...
On est une bonne trentaine, tous étudiants à Sciences Po, les yeux encore gorgés de sommeil, les mains engourdies par le froid, mais impatients. Ça fait un peu sortie scolaire, une sorte de retour en primaire : on est un peu en rang, mais pas trop, parce qu'on est des grands donc on ne se tient plus la main non plus... Et c'est un peu le chahut mais pas trop parce qu'il y a les gentils accompagnateurs qui nous demandent d'être sages et de vérifier qu'on n'a pas d'outils coupants ou tranchants dans nos sacs et qu'on a bien notre carte d'identité. Bien sûr, les discussions ont changé : on parle dissertations, November nervous breakdown, intervention télévisée de François Hollande et engagement politique. Le week-end commence bien.
Jean-Paul nous accueille avec enthousiasme dans l'entrée de l'Assemblée. C'est notre guide et il est choupinou comme tout (j'ai du mal à trouver d'autres mots pour le décrire !). Enthousiaste, un peu exubérant, pas toujours cohérent, une suite de blagues bizarres, gentil, bref, choupinou. Il nous emmène d'abord visionner un film, on s'endort presque dans les confortables fauteuils rouges de la salle de cinéma souterraine, en regardant un député essayer de nous convaincre qu'il y a vraiment un interlocuteur à l'autre bout du fil de son téléphone (vidéo ici). C'est mal joué et hilarant. Les lumières se rallument et Jean-Paul entre dans le vif du sujet : le Palais Bourbon, son dédale de couloirs, ses dorures et sa solennité.
Après quelques couloirs, des lustres à pampilles impressionnants, des salles qu'on a déjà vues à la télévision, nous voilà face à la bibliothèque. Un véritable bijou ! Elle me donnerait presque envie de faire une carrière politique, rien que pour pouvoir feuilleter de très vieux bouquins sous les plafonds peints par Delacroix, pour me battre pour le bien commun, bien sûr.
On poursuit notre progression et on découvre l'hémicycle. "Hémicycle". Ce serait de la géométrie s'il n'y avait pas tout ce qu'on entend derrière ces quelques syllabes, toutes les implications politiques, morales et historiques. Alors, évidemment, c'est le clou de la visite. Surplomber ces sièges rouges, se tenir à quelques mètres du perchoir, entendre nos voix résonner contre le marbre vénérable... c'est mieux que LCP !
En fait, l'heure est grave. C'est émouvant de frôler du doigt le bois d'un pupitre, de s'approcher du banc des ministres, de lever les yeux au plafond, de se trouver là...
Mais déjà notre temps est écoulé. On prend le chemin de la sortie, tout doucement - une pause au milieu des Mariannes, une autre dans le bureau de poste, une dernière devant l'étroit tourniquet de la porte de sortie qui ressemble à un instrument de torture donc on hésite à avancer (personne n'est mort)...
D'ailleurs, il est possible de visiter le Palais Bourbon depuis son salon, ici : http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/visite-panoramique.asp !
Love from Paris,







Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire