vendredi 27 mars 2015

"All is true" - Shakespeare

Un petit mot rapide sur le vernissage de l'exposition "Tudors", au Musée de Luxembourg. Petit et rapide parce que l'expo est plutôt décevante. 
C'était un bon moment parce que j'étais avec ma "coaventurière erasmusienne" et parce que chaque oeuvre était un souvenir de nos cours sur cette fameuse dynastie et de longues heures d'écriture sur la politique d'Elisabeth Ière ou sur l'implantation de la religion du livre dans une société analphabète. Une expo pour s'exclamer "oh et tu te souviens de... !" et "ah oui, c'est vrai, Natalie nous en avait parlé !".


Mais c'était décevant et surprenant. Décevant parce qu'il y avait peu à voir, finalement : quelques tableaux pour chaque souverain donc une petite trentaine d’œuvres, quelques traités et quelques objets.  Et puis des textes "Wikipédia"donc rien de bien exaltant. C'était surprenant puisque tout cela était très franco-français pour une exposition sur une dynastie anglaise, depuis les organisateurs jusqu'aux ouvrages vendus en boutique...

A visiter seulement en cas de fascination pour la robe portée par Cate Blanchett, dans le film Elizabeth !

Love from Paris,

mardi 24 mars 2015

De la lumière dans ces ombres

Dimanche 15 mars 2015. Il m'aura fallu trois ans et demi avant de visiter le musée de Cluny - ou Musée national du Moyen-âge. A ma décharge, ma passion pour cette saison intermédiaire est relativement récente. Et puis cette visite s'est faite en son temps et au bon moment, finalement.

Ceci est un billet Moyen-âge en bonne et due forme. Je pourrais répéter que j'aime le Moyen-âge, que le Moyen-âge c'est trop bien, que le Moyen-âge c'est beau-frais-et-rose, que le Moyen-âge c'est fascinant, qu'étudier l'histoire du Moyen-âge c'est génialissime... Mais ce ne serait pas rendre justice à la complexité et à la richesse de l'époque, aux mystères qui l'entourent encore. Une fois encore, j'écrirai peu. Croyez moi, ce n'est pas seulement parce que je manque de temps et d'inspiration, j'ai le sentiment que les images (et une visite, en pierre et en bois) seront bien plus parlantes que mes mots.

AVERTISSEMENT : Le premier qui me parle des "âges obscurs" ou de pratiques "moyenâgeuses", je l'écartèle vif, en le rouant de coups, je l’éviscère en... Comment ça, je vais trop loin ?!

L'hôtel de Cluny, tel qu'on le connaît, était la résidence des abbés de Cluny à Paris :
construite sur des termes antiques, les lieux devaient représenter et projeter
le statut et le prestige de l'abbaye. Et, tadam, c'est réussi et ça marche toujours, 600 ans plus tard ! 


Des troubadours des temps présents, en pleine répétition.
La mandoline et la mélodieuse langue d'oc ont donc accompagné une partie de ma visite,
rien de mieux pour une immersion dans l'esprit médiéval.



C'étaient quand même de vrais barbares grossiers et incultes, ces médiévaux,
avec leurs cathédrales dentelées, leurs pierres ajourées et leurs fleurs délicates !

"Il y a ici des tapisseries [...] 
Viens passons lentement devant elles [...]
Comme elles sont tranquilles, n'est-ce pas ?" (Rainer Maria Rilke)
La "dame à la licorne" mérite plus encore : s'asseoir, regarder longuement, penser.

La finesse et la beauté de ces choses... C'est sans doute pour cela que je n'ai pas de mots, en fait !  (oui, bon, je cherche peut-être une excuse, là !) Dans les mois à venir, ce musée sera mon refuge en temps d'incertitude, quand je ne saurai plus très bien pourquoi diable j'ai choisi d'écrire un mémoire en histoire médiévale. Un refuge et un rappel : nous ne sommes pas moins barbares que nos ancêtres médiévaux, et nous sommes toujours aussi capables de créer le terrible tout autant que le merveilleux.

Love from Paris,

lundi 16 mars 2015

Le lion qui avait peur de rayer le parquet, l'éléphant de l'escalier et la girafe au balcon

"Ce que je vis alors dépassait tout ce que j'avais imaginé auparavant. Ce fut un choc immédiat, brutal [...]. La vision de ce hall, immense comme une gare, me laissa cloué sur place." - le peintre Jürg Kreienbühl, 1988.

Comme ce titre ne l'indique pas, j'ai visité la Grande Galerie de l'Evolution du Muséum d'histoire naturelle. Les poissons volaient, les papillons nous laissaient le temps de les admirer, et le lion était doux comme un agneau.
Les mots ne suffiront pas à vous décrire l'émerveillement ressenti, et la beauté sans chichis des lieux. Les lieux ont été pensés par des passionnés, et les architectes chargés de restaurer le muséum il y a une vingtaine d'année ont eu l'excellente idée de faire appel à un metteur en scène, expert du théâtre et du cinéma. Les lumières changent, une tempête s'abat sur la savane, il pleut des trombes, il y a des éclairs, puis c'est l'aurore rosissante qui ramène la paix, le soleil se lève et sa lumière chaude inonde la pièce. Les animaux rugissent, barrissent, mugissent, pépient - c'est un tintamarre joyeux que les photos ne sauraient retranscrire...



On émerge des flots et l'éléphant de l'escalier nous accueille, placide.


Vue d'ensemble.
L'espace offert par l'immense nef a été judicieusement organisé : les abysses en sous-sol,
une procession d'animaux de la savane africaine au premier étage,
les galeries sont orientées vers la pédagogie, pour tout apprendre
sur la diversité du vivant, les gènes, les espèces, la place de l'humain dans tout ça, etc.
Des questions d'une simplicité en-fan-ti-ne !

Le lion rentre les griffes et avance précautionneusement pour ne pas rayer le parquet.



Monstre marin.


Tout fait de cette galerie un temple de la vie, sous toutes ses formes :
la procession d'animaux, la pièce appelée "nef", les jeux de lumière, 
les chuchotements à peine troublés par des jeux d'enfants, la solennité des textes sur les murs.
Tout évoque les mystères et le grandiose de la Vie 
(tiens, oui, la Vie avec un grand V, c'est parti, soyons fou !).


La nuit s'abat sur la Galerie, et, avec elle, le chant des cigales.
En fermant les yeux, je pourrais me croire en vacances en Provence.

Une dernière image : au troisième étage, une girafe curieuse étire son cou au balcon.
Ou alors elle songe à se jeter par dessus la balustrade après avoir lu les panneaux derrière elle,
ceux qui décrivent comment l'humain déploie des trésors d'ingéniosité pour détruire et saccager.

Après ça, il faut que j'aille prendre l'air.
Mais parce qu'on ne se refait pas, je rends d'abord visite au Cabinet d'Histoire du muséum,
avant de me balader un peu dans le Jardin des Plantes... puis de retourner travailler.


Tiens, pour finir, je vais piquer les mots d'Eugène Delacroix :
"J'ai été, en entrant dans cette collection, pénétré d'un sentiment de bonheur. A mesure que j'avançais, ce sentiment s'augmentait ; il me semblait que mon être s'élevait au-dessus des vulgarités ou des petites idées ou des petites inquiétudes du moment. Quelle variété prodigieuse d'animaux, et variété d'espèces, de formes, de destination ! A chaque instant, ce qui nous paraît la difformité à côté de ce qui nous semble la grâce..."
Magie magie !

Love from Paris,

jeudi 12 mars 2015

Vingt degrés celsius

Point météo - Il fait beau depuis dimanche, un soleil de printemps qui brille trop fort pour les yeux et chauffe l'air froid de fin d'hiver. On ressort les lunettes de soleil et on garde les écharpes. Au jardin du Luxembourg, les navires colorés fleurissent sur le bassin central et les allées s'encombrent de poussettes et d'humains livides qui cherchent leur dose de vitamine D.




Dimanche, au Luxembourg, il y avait aussi les meilleurs cookies du monde,
un doux souvenir de l'Angleterre... Merci Clémence !


Aujourd'hui, il ne fait plus aussi bon que les vingts degrés de dimanche dernier - sauf dans les salles de cours de la Sorbonne, bien sûr, où le soleil s'engouffre vigoureusement, brûle le vieux parquet usé et en fait un brasier. Pour rendre plus agréable l'expérience d'une conférence sur l'évolution du nombre d'ourdisseurs dans la région de Bruges au XIVème siècle - les ourdisseurs à ne surtout pas confondre avec les tondeurs, c'est très important !

Love from Paris,

dimanche 8 mars 2015

Giboulées

Mars et son temps changeant... il fait beau, et, la seconde d'après, toute l'eau du ciel s'effondre et inonde les rues. Le soleil des giboulée c'est un rayon fugace, éclatant, triomphateur parce que victorieux des lourds nuages noirs. Un signe annonciateur de meilleurs jours à venir, un signe de l'arrivée du printemps. Le passage de Mathilde à Paris, c'était pareil !

Parce que Mathilde est revenue, comme dans la chanson, mais là c'était une bonne nouvelle. C'était bien, c'était bon, et il y avait de la pâtisserie...


Tout a commencé par des rires et un one-man-show de tonnerre au Splendid'. Un de ces spectacles à la fin desquels on dit "ah bon ? c'est déjà fini ?" Ben était "Eco-responsable", mais surtout c'était une chouette découverte pour moi : le texte est intelligent, tout en finesse absurde et chutes inattendues. L'histoire du tilapia est une des meilleurs blagues que j'ai jamais entendues à ce jour (vidéo ci-dessous, mais le texte a été peaufiné et amélioré depuis) !



Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil bien méritée, on a choisi de monter...


...monter...


... vraiment monter...


... jusqu'au sommet de la butte Montmartre !


Juste pour être un peu plus proches du bleu du ciel.

Cette photo pour montrer que les nuages n'étaient jamais bien loin, malgré tout.


On a profité des couleurs et on a fait une mini cure de vitamine D, entrecoupée de quelques excursions en intérieur pour admirer les tissus et des statues en chocolat (miracle, on a résisté à la tentation !).



Puis il était temps de chercher où manger - parce qu'on ne va pas se mentir, c'était quand même le point culminant de notre programme et le chocolat nous avait donné faim. Sur le chemin, il y a eu une averse de pluie, Pigalle, une confusion dans le choix de rue (la rue Saint-Lazare, cette traîtresse tortueuse...), une averse de grêle, du soleil. Le bagel (de L'atelier du Bagel) était délicieux et bien mérité (ou, en tout cas, c'est comme ça que nous l'avons justifié !). Et la verrine, achetée au take away de Michalak et dégustée à la maison a parachevé nos expériences gourmandes sur une note paradisiaque. Avant de courir à la gare...

La recette de 21 heures et 30 minutes de bonheur même pas terni par les nuages.
Donc on prévoit déjà la prochaine fois !

Love from Paris,

vendredi 6 mars 2015

Life is too short for my bucket list

Je regarde ma liste d'envies, toutes les choses que je veux voir et visiter et faire et entendre, à Paris et ailleurs. C'est une longue liste, très longue. Trop longue, sans doute. Une liste qui ne connaîtra pas de fin. Une liste qui grandit tous les jours, à la perspective de chaque nouveau lendemain.

Et puis chaque visite, chaque découverte me fait regretter davantage de ne pas pouvoir vivre plusieurs vies en parallèle : je serais danseuse (bon il faudrait que je règle mon léger problème de manque d'équilibre), chanteuse (là, il faudrait que je prenne mes distances avec les casseroles), musicienne (à part une petite faiblesse dans la main droite, c'est faisable), je saurais coudre (ça peut encore se régler), peindre et dessiner (quelques centaines d'heures de cours et on y arrivera), je serais photographe (on dit bien que c'est en forgeant qu'on devient forgeron, non ?), je serais pâtissière (donnez moi quelques années), je serais exploratrice (donnez moi un peu d'argent), je serais étudiante (ça, c'est facile)...

Ça fait beaucoup de vies. Même les chats en ont moins !

Love from Paris,