jeudi 13 août 2015

Fin ouverte

J'ai bien moins de temps pour l'exploration et l'écriture, la lecture et le stage mobilisent mes forces et mon énergie. Alors je clos ce chapitre/blog... A bientôt !

Love from Paris,

Retour en arrière (3) - Artifices

Depuis le Champ de Mars, 14 juillet 2015

Love from Paris,

dimanche 9 août 2015

Retour en arrière (2) - Trou normand

A la poursuite du temps passé, deuxième étape ! Cette fois-ci, je m'éloigne de Paris sans tout à fait la quitter : en juillet, avec mon groupe d'amis, nous nous sommes retrouvés en Normandie pour un week-end, à deux heures de Paris en voiture. D'abord perdus dans la campagne puis au bord de la mer à Deauville-Trouville, nous avons profité du soleil et de la douceur estivale... au milieu de tous les autres Parisiens qui partent en Normandie pour le week-end.

Des vaches normandes. Cliché.
Et sans doute nous regardaient-elles en pensant :
"Des jeunes parisiens. Cliché."
(Et elles n'avaient sans doute pas tort.)

Trouville.
C'est la même chose que Deauville, depuis la mer, la plage et les bateaux jusqu'au casino.

Preuve : sur cette photo de Trouville, ne manque que la plage.

Sans quitter la terre ferme, ce week-end là,
on a pris le large.

Le plein d'insouciance, de rires et de pétanque fait, nous avons retrouvé l'horizon fermé par les immeuble haussmanniens et les pots d'échappement ont remplacé l'odeur des embruns. Mais ça n'a pas d'importance parce qu'un coin de ciel bleu nous rappellera le bleu de la mer normande, et qu'à quelques stations de métro on peut retrouver les mêmes rires.

Love from (tout à fait) Paris,

vendredi 7 août 2015

Retour en arrière (1) - Jazzy Philharmonie

Je me rends compte que je n'ai pas écrit depuis plus de deux mois, et je ne saurais expliquer pourquoi. J'ai passé un temps fou à écrire, en réalité, puis à effacer ce que j'avais écrit parce que pas assez bon, puis à réécrire et à effacer de nouveau. Ou à passer du temps au soleil, ce qui est finalement plutôt sain. Et enfin à travailler, parce que je suis enfin stagiaire et que ça m'occupe, mine de rien. A force de temporiser, les événements se font plus lointains et plus flous dans ma mémoire. Il est temps de revenir en arrière.
Commençons ce voyage dans le temps par la soirée du 24 juin dernier. Soirée qui est, entre autres choses, la preuve que les concours en lignes ont bel et bien des gagnants. Clem est l'une d'entre eux (je les imagine en cercle fermé, êtres supérieurs parce que capables de déjouer toutes les probabilités de gagner à la loterie) et m'avait invitée à se joindre à elle pour un concert à la Philharmonie. Nous nous sommes donc retrouvés dans le parterre (c'est à dire assez littéralement par terre) de la Grande Salle de la Philharmonie, pièce immense et majestueuse malgré son architecture contemporaine (ou sont les ors et les plafonds peints ?!).


Deux choses se sont vite imposées : la soirée allait être inconfortable les murs n'étant pas tout à fait verticaux ce qui nous empêchait de nous en servir comme support, puis un deuxième constat, la soirée allait être formidable. L'inconfort s'est très vite fait oublié, le son (positivement indescriptible avec des mots, ou en tout cas avec les miens) étant incroyable et la musique (toute aussi indescriptible) étant superbe.


D'excellents musiciens (Orchestre de Paris, le pianiste Fasil Say et un trompettiste dont j'ai oublié le nom compliqué et qui m'a moins marquée bien que sa technique soit sans aucun doute très bonne) ont suivi un programme judicieux (Berstein, Gershwin, Gruber... et je crois qu'il me manque quelqu'un), nous manipulant aisément et nous faisant passer des larmes au rire, de l'admiration silencieuse aux bruyants applaudissements.


L'art nous a émerveillées tout autant que la technique : la salle est conçue pour que le son soit optimal. Des cascades de notes tombent sur le public, l'environnent, flottent pour un moment autour de nous. Tout devient musique, seul les fourmis qui commencent à grimper dans les jambes peuvent nous déconcentrer le temps de changer de position...

Love from Paris,

PS. Merci à la bonne étoile de Clem, et à Clem elle-même, pour cette belle découverte !

mercredi 3 juin 2015

Mignonne, allons voir si la rose...


Une promesse de réveil après un long hiver
(a priori, je suis toujours en vie et saine d'esprit).

Love from Paris,

mardi 26 mai 2015

Si j'avais une machine à voyager dans le temps...

... là, dans l'immédiat et en supposant que je pourrais en faire usage à plusieurs reprises, je commencerais par satisfaire mon égoïsme - il faut dire que c'est aussi ce qui aurait le moins d'incidence pour le reste de l'Histoire. Satisfaire mon égoïsme et aller me balader au Moyen-âge pour faire une enquête d'opinion : "La pollution des eaux est-elle un problème que vous trouvez A/ très préoccupant B/ préoccupant C/ pas préoccupant D/ sans opinion ?".
Comme j'ai conscience que les machines à voyager dans le temps n'en sont pour l'instant qu'au stade de la science-fiction (ou en tout cas c'est ce que les illuminati et la NASA essaient de nous faire croire), je vais me contenter de taper des mots et des mots et des mots sur une feuille virtuelle, en espérant qu'à force de marteler, ça fasse sens.
Et continuer de faire des rêves bizarres, dans lesquels des populations urbaines médiévales demandent de l'aide à Greenpeace pour lutter contre la pollution aquatique causée par les tanneurs.

Love from Paris (hum... la bibliothèque),

jeudi 21 mai 2015

Signes de vie

Je suis dans l'écriture de mon mémoire, et j'ai finalement décidé que je n'allais pas en mourir. Hors de question.
...
Ecrire ceci me donne l'impression que ma vie est rocambolesque, et que je suis environnée de dangers et d'aventures périlleuses. En vrai, j'écris sur l'eau dans l'industrialisation médiévale et le seul risque, là-dedans, c'est que personne ne me lise !

Après cette introduction un tantinet dramatique, parlons de comment être heureux (comment ça, c'est aussi dramatique ?). Oui, samedi dernier te "vaut bien un article", Flo ! 

Etape 1 : 
suivre Flo dans une petite pépite de restaurant libanais, le Loubnane
pour un repas absolument horrible (dis, on y retourne quand ?).
J'allais l'écrire entre parenthèses mais ça mérite une ligne :
foncez, allez-y !

Puis aller se promener au Jardin des Plantes pour assister à l'explosion du Printemps, 
toute en verdures et fleurs. 

Avant de s'aventurer dans la Grande Galerie de l'Evolution 
et ses animaux empaillés donc morts (pour ne pas énoncer une évidence...), 
qui racontent toute une histoire de vie.


Ensuite, boire un thé et manger des pâtisseries au salon de thé de la Grande Mosquée de Paris,
pour prolonger le plaisir.

Finalement, flâner dans une petite librairie, et feuilleter des bouquins pour le plaisir.

Dernière étape : pousser un soupir de bonheur COMPLET (et retourner travailler, mais ça, ça a tout à coup beaucoup moins d'importance...). Merci Flo.

Love from Paris,

vendredi 1 mai 2015

V.I.P., mon petit chou !

"Ce sont des humains, pas des idéologies ni des religions, qui tuent les humains. [...] Je vous demande de devenir des citoyens du monde. Ne craignez pas d'être passionnés et compatissants." - Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU.


Mercredi 29 avril - Dans la série "les Nations Unies en visite à Sciences Po", voilà le sommet de la pyramide ! Il nous a fait rire (il appelle son épouse du doux petit surnom français "mon petit chou"), il a mis certains d'entre nous en joie ("c'est un honneur d'être en votre présence, monsieur le Secrétaire général... je suis en extase." - rien que ça), il a été diplomatique et politique (la France est un pays magnifique, grandiose, épatant, mais il reste du boulot, les cocos !), il a été relativement énergique (dites, les gars, il est temps de s'attaquer au changement climatique), il a été motivant (apparemment nous sommes déjà les leaders d'aujourd'hui), il a été inspirant. 

"Visez haut, ayez de grands rêves, mais soyez pragmatiques, donnez vous les moyens de vos rêves".

Love from Paris,

mercredi 29 avril 2015

Où je rencontre un ambassadeur

Sciences Po ouvre des portes, c'est bien connu. Bon, je n'ai toujours pas trouvé de stage - donc il faut que je fasse attention à ne pas faire de la publicité mensongère. Mais, parfois, ces quelques syllabes sont un sésame précieux. J'avais visité l'Assemblé nationale, j'ai pu entrer dans les locaux de l'UNESCO. En fait, il est tout à fait possible de s'inscrire pour une visite guidée (ici) mais je l'ignorais et ça me paraît intimidant - et puis le faire avec un groupe de Sciences Po m'a permis de rencontrer l'ambassadeur de France à l'UNESCO (ancien étudiant de notre bonne vieille institution oblige...).


Donc, jeudi 23, mon bus me dépose entre l'Ecole militaire et l'immense bâtiment moderne de la place Fontenoy. Bâtiment dont je fais plusieurs fois le tour, à la recherche des organisateurs de la visite - qui étaient en retard. On entre, on passe les contrôles de sécurité stricts et maussades, j'oublie d'enlever mon téléphone de la poche de mon manteau, je suis sèchement rabrouée, on me laisse passer, on retrouve notre guide. Un spécialiste des génocides et des crimes contre l'humanité, ambiance.



A toute vitesse, on parcoure des couloirs, et on s'installe dans la salle des grandes assemblées, celle qui fait rêver et qui impressionne, celle qui était la plus grande salle de Paris jusqu'à la construction du Philharmonique. Celle qui fait réaliser qu'il y a 195 Etats-membres (un de plus qu'à l'ONU, la Palestine depuis 2011, geste politique s'il en est !). Soit 190 de plus que dans ma petite famille, soit 190 difficultés de plus pour trouver un terrain d'entente et un accord, alors que c'est déjà relativement problématique à cinq (bonjour, l'euphémisme), et là on comprend mieux le problème.


On retourne se balader dans les couloirs et on découvre la collection d’œuvres d'art géante de l'organisation, une des plus grandes collections du monde. Picasso (La Chute d'Icare), Miro, Giacometti... Et au milieu de ces œuvres protégées et privilégiées, des photos de monuments syriens et irakiens, avant leur destruction. Ça peut sembler un enjeu de second plan, au regard de toutes les vies humaines perdues. Et ça l'est. Mais c'est aussi un enjeu de sécurité et de paix, quelque chose qui attaque ce que nous sommes, nos histoires communes et individuelles.


On a discuté avec l'ambassadeur de France (discussion top secrète (en fait, pas du tout, mais allumer TF1 à 20 heures et aller sur la page Wikipédia de l'UNESCO devrait vous en apprendre tout autant)).
Et voilà ! Etudier le fonctionnement des organisations internationales, en long, en large, et en travers, cette année, m'a plutôt rendue amère et désillusionnée et je ne suis pas une de leurs plus ferventes admiratrices. Il n'en reste pas moins que s'asseoir dans la salle des assemblées générales rappelle les récits émouvants de mes professeurs d'histoire contemporaine, les récits d'une époque pas si lointaine où l'on espérait que les Etats pourraient travailler ensemble, main dans la main, à la construction d'un monde meilleur.

Love from Paris,


dimanche 19 avril 2015

A l'ombre des acacias en fleur

Les fleurs crissent sous mes pieds, les branches se balancent au-dessus de ma tête, les photos des montagnes françaises sur les grilles du Jardin de Luxembourg me font voyager du côté des tétras-lyres et des sommets enneigés, ça sent le printemps et les pots d'échappement, les rues du VIème arrondissement sont quasi-vides. Je sors de la bibliothèque alors je m'accorde le temps de flâner. Il est minuit passé, j'ai un reste de caféine dans le sang, pas encore envie de retrouver Morphée.

Love from Paris,

jeudi 16 avril 2015

Provision de couleurs

"Celui qui chante n'est pas toujours heureux." - Pierre Bonnard. Mélancolique, le type.


Pierre Bonnard est intéressant. Méconnu, voire inconnu, ce post-impressionniste est exposé au musée d'Orsay depuis le 17 mars. Pour moi, c'était une découverte. Parce que j'avais lu un article du Monde et regardé une émission Arte, j'avais une petite idée de ce que j'allais y voir - mais ce n'est pas pareil d'écouter des historiens de l'art, des experts, et de voir par soi-même, sans concepts et sans grands mots. D'autant que j'avais la chance d'être avec un ami qui n'avait pas la moindre idée de qui était Bonnard et garantissait donc un vent de fraîcheur et un regard neuf (et aussi de petites remarques piquantes, très importantes un jeudi soir à 20h).


Bonnard c'était le peintre qui se promenait de longues heures dans la campagne et appelait ça "faire provision de nature". Il peignait de mémoire, à l'aide de notes soigneusement prises sur son agenda : la météo, la lumière et les couleurs changeantes en fonction du moment de la journée. "Peindre de mémoire, c'est admettre le caractère éphémère du moment, un dilemme pour le peintre en recherche d'intemporalité", disait un expert dans l'émission d'Arte. 
Mouais, ça se discute. Je ne suis pas peintre mais moi qui écris de mémoire, il me semble que décrire un moment (éphémère), quelque temps après ce moment, implique une part de reconstitution pas nécessairement fiable, une part de ré-interprétation, une part d'imaginaire pour combler les trous. Donc une part d'intemporalité, quelque chose qui n'appartient pas à un moment précis, hors chronologie, quelque chose de vague, que l'on aurait bien du mal à identifier et séparer de ce qui fut et n'est plus. 
Mes compétences en matière d'art sont relativement limitées : "j'aime beaucoup ce bleu profond, il est dingue... et ça va super bien avec ce jaune vif... et la petite touche rouge, là, elle est parfaite, elle réveille le tout". Ça se passe de commentaires, je crois. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai du mal avec l'art contemporain, ou avec l'art "intello-intellectuel", pour lesquels il faut - me semble-t-il - avoir quelques connaissances de base pour comprendre et apprécier ce qui se passe. Je ne demande pas nécessairement à comprendre mais au moins à être atteinte, touchée. Bonnard m'a touchée.


Je ne vous cache pas que son obsession pour les corps de femmes nues dont on ne voit pas les visages m'a mise mal à l'aise (euh... on appelle Freud ?), Mais ses paysages et ses représentations de la nature sont "vibrants" (je vais me reconvertir dans l'écriture à la chaîne de catalogues d'exposition et d'articles de pseudo-critique dans le Monde), lumineux, une bombe de couleurs.
Il touche à l'intemporalité : il n'y a pas que des moments de vie dans ses tableaux, il y a de la vie, il y a la vie. La vie regardée avec tendresse, avec terreur, avec mélancolie, avec un sourire malicieux, avec des yeux émerveillés... Et la vie, ça nous touche, non ?

Love from Paris,

lundi 13 avril 2015

Etudier l'Histoire...

C'est se rendre compte que nous sommes partie de quelque chose qui nous dépasse, individuellement.

Et ça ne peut pas faire de mal. Parce que ça nous rapetisse et relativise notre importance : que sommes-nous par rapport à tous ceux qui ont été et tous ceux qui seront ? Mais surtout parce que ça procure un sentiment d'appartenance à une communauté globale, à l'humanité - toutes ces fois où je me suis exclamée "ah je me sens moins seule" ou encore "oh c'est dingue, eux aussi ils faisaient ça", devant un bouquin écorné et usé ! Ceci, en particulier, me semble inestimable, en ce XXIème siècle où sont valorisés les "contacts" humains dématérialisés et virtuels, à distance, où l'individualisme domine, où l'on multiplie les appartenances et les identités - et les dépressions.

Etudier l'Histoire - bon, et l'environnement - me rappelle quotidiennement que je suis humaine, que je ne fais rien de neuf sous le soleil et que ne rien faire sous le soleil, c'est à la fois terrible et merveilleux, que ma vie n'est ni plus ni moins importante que celle de mon voisin. Voire même ni plus ni moins importante que celle de ce petit insecte dont la présence est nécessaire au fonctionnement correct de tout un écosystème. Etudier l'Histoire, c'est aussi un peu vertigineux, surtout quand on se penche sur la vie quotidienne, sur les histoires. Là, on regarde toutes ces vies, tant de vies - comme un écrivain qui regarde tous les humains qui s'approchent et passent à côté de lui, dont il ne connaîtra jamais les histoires, comme tout un chacun face à l'immensité de l'univers et à ses innombrables étoiles. Vertigineux, mais beau.

C'est important l'histoire. Ça fait réfléchir sur un peu tout, sur le reste du monde, sur notre place, sur ce que ça signifie être citoyen. C'est ce que mes parents m'ont enseigné, ce que j'ai cru, ce que je n'avais jamais autant vécu avant de me plonger à corps perdu dans un mémoire. Le mémoire, ça aussi, c'est un sacré truc qui nous dépasse. J'aurai passé un an de ma vie sur ce sujet, sur ce projet. C'est un truc sans prétention, pour moi-même. C'est bon d'entrer en profondeur dans un sujet qui nous intéresse, de comprendre et de progresser, de produire quelque chose, de travailler sa faculté à s'ouvrir au reste du monde, une méthodologie et une rigueur... Et puis c'est un travail de confiance en soi et de lutte quotidienne contre le doute de ses propres capacités.

Dans Comment écrire une thèse (c'est devenu mon livre de chevet), Umberto Eco écrivait : "votre thèse est comme votre premier amour : elle va être difficile à oublier."
Tant mieux.

Love from Paris,

jeudi 9 avril 2015

Tous les moulins de mon coeur

Les mots me font défaut ces derniers temps.
J'ai l'impression désagréable qu'écrire des dissertations tarit mon inspiration non-scolaire. J'aurais pu éloquemment écrire que j'étais, le mercredi 25 mars, à la soirée "Michel Legrand" au théâtre des Champs-Elysées. Je n'aurais sans doute pas pu vraiment parler de la musique dans tous les cas, je suis bien trop mauvaise en la matière. J'aurais juste pu bien écrire que ça m'a plu, que ce fut un bon moment, que le plafond Art Déco du théâtre est splendide, que Legrand était attendrissant, que le violoncelliste Henri Demarquette était exceptionnel et son Stradivarius magnifique, que l'orchestre symphonique d'Odense était tristounet, que je suis sûre qu'un des violonistes faisait du play-back, que la 7e Majeure au violoncelle c'est marrant, et qu'il faut vraiment que je regarde les films de Jacques Demy !




J'aurais pu écrire tout ça un peu mieux mais, voilà, on se contentera de termes juxtaposés.
Et je vais aller faire une "danse des mots" pour que ceux-ci me reviennent !

Love from Paris,

mardi 7 avril 2015

"Pour un monde meilleur"

La semaine dernière, j'ai eu la chance de voir et d'écouter un ancien secrétaire général de l'ONU et l'actuelle directrice de l'UNESCO. Sciences Po, ça a du bon.

Lundi 30 mars - séance de questions/réponses avec Kofi Annan : d'après lui, le monde et l'ONU sont enfin prêts pour une femme secrétaire générale des Nations Unies (mais il avait déjà dit ça en 2006 et on a eu Ban Ki Moon... qui n'est pas une femme, si ?).



Jeudi 2 avril - conférence exceptionnelle de Irina Bokova sur les destructions du patrimoine comme enjeux de sécurité et de paix : une femme, elle, directrice générale de l'UNESCO et candidate sérieuse à la succession de Ban Ki Moon à la tête de l'ONU. Impressionnante de détermination, de passion, de conviction et de bienveillance.


"Je ne crois pas qu'il y ait un 'choc des civilisations'. Il y a un choc entre ceux qui croient que nous pouvons vivre ensemble et ceux qui ne le croient pas." (Irina Bokova)

Love from Paris,

samedi 4 avril 2015

Entr'acte

Vendredi, Saint-Denis. J'ai remonté la ligne 13, avec les péripéties que ça suppose, je suis arrivée en retard, Flo était là, les serveurs souriaient, les frites étaient sublimes. Flo était là, c'était tout doux et tout bon, différent du reste de ma semaine.


Apparemment, c'est en France que je vais manger les meilleurs fish'n'chips de ma vie.

Love from Paris,

vendredi 27 mars 2015

"All is true" - Shakespeare

Un petit mot rapide sur le vernissage de l'exposition "Tudors", au Musée de Luxembourg. Petit et rapide parce que l'expo est plutôt décevante. 
C'était un bon moment parce que j'étais avec ma "coaventurière erasmusienne" et parce que chaque oeuvre était un souvenir de nos cours sur cette fameuse dynastie et de longues heures d'écriture sur la politique d'Elisabeth Ière ou sur l'implantation de la religion du livre dans une société analphabète. Une expo pour s'exclamer "oh et tu te souviens de... !" et "ah oui, c'est vrai, Natalie nous en avait parlé !".


Mais c'était décevant et surprenant. Décevant parce qu'il y avait peu à voir, finalement : quelques tableaux pour chaque souverain donc une petite trentaine d’œuvres, quelques traités et quelques objets.  Et puis des textes "Wikipédia"donc rien de bien exaltant. C'était surprenant puisque tout cela était très franco-français pour une exposition sur une dynastie anglaise, depuis les organisateurs jusqu'aux ouvrages vendus en boutique...

A visiter seulement en cas de fascination pour la robe portée par Cate Blanchett, dans le film Elizabeth !

Love from Paris,

mardi 24 mars 2015

De la lumière dans ces ombres

Dimanche 15 mars 2015. Il m'aura fallu trois ans et demi avant de visiter le musée de Cluny - ou Musée national du Moyen-âge. A ma décharge, ma passion pour cette saison intermédiaire est relativement récente. Et puis cette visite s'est faite en son temps et au bon moment, finalement.

Ceci est un billet Moyen-âge en bonne et due forme. Je pourrais répéter que j'aime le Moyen-âge, que le Moyen-âge c'est trop bien, que le Moyen-âge c'est beau-frais-et-rose, que le Moyen-âge c'est fascinant, qu'étudier l'histoire du Moyen-âge c'est génialissime... Mais ce ne serait pas rendre justice à la complexité et à la richesse de l'époque, aux mystères qui l'entourent encore. Une fois encore, j'écrirai peu. Croyez moi, ce n'est pas seulement parce que je manque de temps et d'inspiration, j'ai le sentiment que les images (et une visite, en pierre et en bois) seront bien plus parlantes que mes mots.

AVERTISSEMENT : Le premier qui me parle des "âges obscurs" ou de pratiques "moyenâgeuses", je l'écartèle vif, en le rouant de coups, je l’éviscère en... Comment ça, je vais trop loin ?!

L'hôtel de Cluny, tel qu'on le connaît, était la résidence des abbés de Cluny à Paris :
construite sur des termes antiques, les lieux devaient représenter et projeter
le statut et le prestige de l'abbaye. Et, tadam, c'est réussi et ça marche toujours, 600 ans plus tard ! 


Des troubadours des temps présents, en pleine répétition.
La mandoline et la mélodieuse langue d'oc ont donc accompagné une partie de ma visite,
rien de mieux pour une immersion dans l'esprit médiéval.



C'étaient quand même de vrais barbares grossiers et incultes, ces médiévaux,
avec leurs cathédrales dentelées, leurs pierres ajourées et leurs fleurs délicates !

"Il y a ici des tapisseries [...] 
Viens passons lentement devant elles [...]
Comme elles sont tranquilles, n'est-ce pas ?" (Rainer Maria Rilke)
La "dame à la licorne" mérite plus encore : s'asseoir, regarder longuement, penser.

La finesse et la beauté de ces choses... C'est sans doute pour cela que je n'ai pas de mots, en fait !  (oui, bon, je cherche peut-être une excuse, là !) Dans les mois à venir, ce musée sera mon refuge en temps d'incertitude, quand je ne saurai plus très bien pourquoi diable j'ai choisi d'écrire un mémoire en histoire médiévale. Un refuge et un rappel : nous ne sommes pas moins barbares que nos ancêtres médiévaux, et nous sommes toujours aussi capables de créer le terrible tout autant que le merveilleux.

Love from Paris,

lundi 16 mars 2015

Le lion qui avait peur de rayer le parquet, l'éléphant de l'escalier et la girafe au balcon

"Ce que je vis alors dépassait tout ce que j'avais imaginé auparavant. Ce fut un choc immédiat, brutal [...]. La vision de ce hall, immense comme une gare, me laissa cloué sur place." - le peintre Jürg Kreienbühl, 1988.

Comme ce titre ne l'indique pas, j'ai visité la Grande Galerie de l'Evolution du Muséum d'histoire naturelle. Les poissons volaient, les papillons nous laissaient le temps de les admirer, et le lion était doux comme un agneau.
Les mots ne suffiront pas à vous décrire l'émerveillement ressenti, et la beauté sans chichis des lieux. Les lieux ont été pensés par des passionnés, et les architectes chargés de restaurer le muséum il y a une vingtaine d'année ont eu l'excellente idée de faire appel à un metteur en scène, expert du théâtre et du cinéma. Les lumières changent, une tempête s'abat sur la savane, il pleut des trombes, il y a des éclairs, puis c'est l'aurore rosissante qui ramène la paix, le soleil se lève et sa lumière chaude inonde la pièce. Les animaux rugissent, barrissent, mugissent, pépient - c'est un tintamarre joyeux que les photos ne sauraient retranscrire...



On émerge des flots et l'éléphant de l'escalier nous accueille, placide.


Vue d'ensemble.
L'espace offert par l'immense nef a été judicieusement organisé : les abysses en sous-sol,
une procession d'animaux de la savane africaine au premier étage,
les galeries sont orientées vers la pédagogie, pour tout apprendre
sur la diversité du vivant, les gènes, les espèces, la place de l'humain dans tout ça, etc.
Des questions d'une simplicité en-fan-ti-ne !

Le lion rentre les griffes et avance précautionneusement pour ne pas rayer le parquet.



Monstre marin.


Tout fait de cette galerie un temple de la vie, sous toutes ses formes :
la procession d'animaux, la pièce appelée "nef", les jeux de lumière, 
les chuchotements à peine troublés par des jeux d'enfants, la solennité des textes sur les murs.
Tout évoque les mystères et le grandiose de la Vie 
(tiens, oui, la Vie avec un grand V, c'est parti, soyons fou !).


La nuit s'abat sur la Galerie, et, avec elle, le chant des cigales.
En fermant les yeux, je pourrais me croire en vacances en Provence.

Une dernière image : au troisième étage, une girafe curieuse étire son cou au balcon.
Ou alors elle songe à se jeter par dessus la balustrade après avoir lu les panneaux derrière elle,
ceux qui décrivent comment l'humain déploie des trésors d'ingéniosité pour détruire et saccager.

Après ça, il faut que j'aille prendre l'air.
Mais parce qu'on ne se refait pas, je rends d'abord visite au Cabinet d'Histoire du muséum,
avant de me balader un peu dans le Jardin des Plantes... puis de retourner travailler.


Tiens, pour finir, je vais piquer les mots d'Eugène Delacroix :
"J'ai été, en entrant dans cette collection, pénétré d'un sentiment de bonheur. A mesure que j'avançais, ce sentiment s'augmentait ; il me semblait que mon être s'élevait au-dessus des vulgarités ou des petites idées ou des petites inquiétudes du moment. Quelle variété prodigieuse d'animaux, et variété d'espèces, de formes, de destination ! A chaque instant, ce qui nous paraît la difformité à côté de ce qui nous semble la grâce..."
Magie magie !

Love from Paris,