Pierre Bonnard est intéressant. Méconnu, voire inconnu, ce post-impressionniste est exposé au musée d'Orsay depuis le 17 mars. Pour moi, c'était une découverte. Parce que j'avais lu un article du Monde et regardé une émission Arte, j'avais une petite idée de ce que j'allais y voir - mais ce n'est pas pareil d'écouter des historiens de l'art, des experts, et de voir par soi-même, sans concepts et sans grands mots. D'autant que j'avais la chance d'être avec un ami qui n'avait pas la moindre idée de qui était Bonnard et garantissait donc un vent de fraîcheur et un regard neuf (et aussi de petites remarques piquantes, très importantes un jeudi soir à 20h).
Bonnard c'était le peintre qui se promenait de longues heures dans la campagne et appelait ça "faire provision de nature". Il peignait de mémoire, à l'aide de notes soigneusement prises sur son agenda : la météo, la lumière et les couleurs changeantes en fonction du moment de la journée. "Peindre de mémoire, c'est admettre le caractère éphémère du moment, un dilemme pour le peintre en recherche d'intemporalité", disait un expert dans l'émission d'Arte.
Mouais, ça se discute. Je ne suis pas peintre mais moi qui écris de mémoire, il me semble que décrire un moment (éphémère), quelque temps après ce moment, implique une part de reconstitution pas nécessairement fiable, une part de ré-interprétation, une part d'imaginaire pour combler les trous. Donc une part d'intemporalité, quelque chose qui n'appartient pas à un moment précis, hors chronologie, quelque chose de vague, que l'on aurait bien du mal à identifier et séparer de ce qui fut et n'est plus.
Mes compétences en matière d'art sont relativement limitées : "j'aime beaucoup ce bleu profond, il est dingue... et ça va super bien avec ce jaune vif... et la petite touche rouge, là, elle est parfaite, elle réveille le tout". Ça se passe de commentaires, je crois. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai du mal avec l'art contemporain, ou avec l'art "intello-intellectuel", pour lesquels il faut - me semble-t-il - avoir quelques connaissances de base pour comprendre et apprécier ce qui se passe. Je ne demande pas nécessairement à comprendre mais au moins à être atteinte, touchée. Bonnard m'a touchée.
Mouais, ça se discute. Je ne suis pas peintre mais moi qui écris de mémoire, il me semble que décrire un moment (éphémère), quelque temps après ce moment, implique une part de reconstitution pas nécessairement fiable, une part de ré-interprétation, une part d'imaginaire pour combler les trous. Donc une part d'intemporalité, quelque chose qui n'appartient pas à un moment précis, hors chronologie, quelque chose de vague, que l'on aurait bien du mal à identifier et séparer de ce qui fut et n'est plus.
Mes compétences en matière d'art sont relativement limitées : "j'aime beaucoup ce bleu profond, il est dingue... et ça va super bien avec ce jaune vif... et la petite touche rouge, là, elle est parfaite, elle réveille le tout". Ça se passe de commentaires, je crois. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai du mal avec l'art contemporain, ou avec l'art "intello-intellectuel", pour lesquels il faut - me semble-t-il - avoir quelques connaissances de base pour comprendre et apprécier ce qui se passe. Je ne demande pas nécessairement à comprendre mais au moins à être atteinte, touchée. Bonnard m'a touchée.
Je ne vous cache pas que son obsession pour les corps de femmes nues dont on ne voit pas les visages m'a mise mal à l'aise (euh... on appelle Freud ?), Mais ses paysages et ses représentations de la nature sont "vibrants" (je vais me reconvertir dans l'écriture à la chaîne de catalogues d'exposition et d'articles de pseudo-critique dans le Monde), lumineux, une bombe de couleurs.
Il touche à l'intemporalité : il n'y a pas que des moments de vie dans ses tableaux, il y a de la vie, il y a la vie. La vie regardée avec tendresse, avec terreur, avec mélancolie, avec un sourire malicieux, avec des yeux émerveillés... Et la vie, ça nous touche, non ?
Il touche à l'intemporalité : il n'y a pas que des moments de vie dans ses tableaux, il y a de la vie, il y a la vie. La vie regardée avec tendresse, avec terreur, avec mélancolie, avec un sourire malicieux, avec des yeux émerveillés... Et la vie, ça nous touche, non ?
Love from Paris,

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