mercredi 29 octobre 2014

Moment, bus 27

Bonjour Madame ! Excusez moi de vous déranger, pourriez-vous me laisser votre place ?

La voix est tremblotante, le vieux monsieur s'appuie sur une canne, il se meut avec difficultés. Elle, elle est assise sur une des places prioritaires du bus, une de celles qu'on doit céder aux plus âgés que nous et aux femmes enceintes. Age moyen, l'air pas très frais certes, mais pas invalide.

Non.

Silence médusé de tous les passagers. La syllabe a fusé. Agressive, impolie.
Le vieux monsieur lui demande à nouveau, la tête penchée sur le côté, les yeux légèrement écarquillés. Non, de nouveau. Tant pis, il s'assied juste derrière sur le siège surélevé et peu pratique d'accès, poliment laissé à sa disposition.

Elle se retourne : vous avez une carte prioritaire ?

On manquerait presque d'oxygène, quarante paires de poumons viennent de retenir leur souffle. Le vieux monsieur bafouille que oui, évidemment, il a une carte prioritaire, mais il ne va tout de même pas la montrer, à son âge on ne ment plus, surtout pour ce genre de choses.

Elle insiste : je veux la voir !

La réponse ne se fait pas attendre. Madame, j'ai une carte prioritaire, mais je ne vais pas vous la montrer : je ne la montre pas aux andouilles. Quarante paire de poumons laissent l'air s'échapper, le rire se répand dans le véhicule, on se sourit. Elle, elle grommelle sur les vieux qui agressent les gens. On goûte avec plaisir à ce moment de cohésion à ses dépens.

Je suis arrivée en retard en cours.

J'aime le bus.

Love from Paris,


vendredi 24 octobre 2014

Souviens toi de vivre.

Memento mori à l'envers ou presque.
Il y a trois semaines, je visitai la basilique-cathédrale de Saint-Denis. Enfin.
C'était un voyage dans le temps, quinze siècles d'Histoire de France en accéléré.

Ça valait le coup, rien que pour la visite guidée de deux heures avec une passionnée, rien que pour entendre parler de regalia (insignes du pouvoir royal), de transis et de gisants, d'architecture ogivale (et pas "gothique", qui est un terme péjoratif), de morbide et de flamboyant.


Tout au bout de la ligne 13, se trouve un joyau d'architecture médiévale, la première cathédrale "gothique" française (bon, Sens revendique aussi le titre, il serait difficile de les départager...). Il est vrai que les échafaudages n'en laissent pas voir grand'chose pour le moment mais l'intérieur vaut le détour !


Pépin le Bref et Berthe "Aux grands pieds" (qui avait en fait un pied bot) nous y accueillent à bras croisés, gisants obligent. L'ombre de l'abbé Suger plane. De très très vieux fantômes nous frôlent, malicieux. 



Il ne fait pas très beau mais la lumière colorée par les vitraux inonde le bâtiment. Tout n'est que hauteur et luminosité, élégance et jeux d'ombres.


Les visiteurs jouent à cache-cache derrière les piliers. les flashs des appareils photos font connaître la lumière à de pauvres pierres coincées dans des recoins reculés, les conversations s'entre-mêlent, on est loin du silence de cathédrale. La vie a envahi ce mausolée royal.


Des caveaux vides, des gisants sans cadavres : la Révolution a atteint les monarques même dans leur mort. Et pourtant toutes ces traces de leurs sommeils éternels sont autant de témoignages qu'ils furent des vivants, des personnes de chair et de sang. Ils me semblent tout à coup plus humains, plus proches, si semblables, si émouvants.


Les cendres mêlées des familles royales françaises se trouvent derrière trois murs d'une toute pièce de quatre mètres carrés. Les noms sont gravés dans la pierre. Là, le silence s'impose.


Le passé est révolu, vive le présent !

Love from Paris,



jeudi 23 octobre 2014

Quand Paris se dore

C'est l'automne, enfin. 
Je suis partie en promenade au jardin du Luxembourg, pour regarder les feuilles tomber !







Il fait froid, les feuilles roussissent et tout doucement tourbillonnent jusqu'au sol. On peut demander un chocolat chaud ou une camomille à n'importe quelle heure, sans que les serveurs ne soient offusqués. Les pulls, les écharpes et les manteaux s'empilent, on s'emmitoufle. Il ne fait ni trop chaud, ni trop mauvais. Tout le monde tousse, on peut rester au chaud à la maison et regarder la pluie tomber sur Paris. J'aime l'automne.

Je retourne à ma soupe au potimarron !

Love from Paris,


vendredi 17 octobre 2014

Poésie nocturne

"Je vais te tuer la bouche, pétasse."

1 heure du matin, au bas de la rue Mouffetard.
Il a surgi de l'embrasure de porte, j'ai sursauté. Plus grand que moi de dix bons centimètres. Un peu trop proche, surtout.
Tout de suite, dans ma tête la réplique. "Tu embrasses si mal que ça ?" Juste après, les questions. Ou peut-être que je devrais le vouvoyer ? Trop agressive ? Trop, tout court ? Je sur-réagis ? Puis le constat : seule dans la rue avec lui. Mon téléphone ne marche pas.
Silence, je hâte le pas. Je passe mon chemin.

Une fois ma porte close, secouée, je sanglote en crispant les poings.
Le choc - ce n'est pas la première fois, loin de là, mais comment s'y "habituer" ? L'incertitude - peut-être aurais-je dû réagir ? Le dégoût - pas de lui, non, mais du fait qu'il me force à douter de moi-même, qu'il annule ma valeur et ma personne, et même du fait que je ne me sente pas tout à fait autorisée à pleurer pour ça. La peur. La colère - contre lui, contre moi-même, contre lui parce que je suis en colère contre moi-même à cause de lui.

Ca a tout gâché. Ma bonne journée, ma super soirée, l'anticipation des vacances, tout.
"Je vais te tuer la bouche, pétasse", et j'ai perdu pied.


Love from Paris,


PS : Je vais bien.


mardi 7 octobre 2014

Examens (tentative de survie)

C'est la mi-semestre et le grand retour des examens et autres gros devoirs. Des pages et des pages à noircir, du stress et de la fatigue. Donc pas vraiment de temps pour écrire ! Mais je prends des notes et je reviens bientôt...