vendredi 17 octobre 2014

Poésie nocturne

"Je vais te tuer la bouche, pétasse."

1 heure du matin, au bas de la rue Mouffetard.
Il a surgi de l'embrasure de porte, j'ai sursauté. Plus grand que moi de dix bons centimètres. Un peu trop proche, surtout.
Tout de suite, dans ma tête la réplique. "Tu embrasses si mal que ça ?" Juste après, les questions. Ou peut-être que je devrais le vouvoyer ? Trop agressive ? Trop, tout court ? Je sur-réagis ? Puis le constat : seule dans la rue avec lui. Mon téléphone ne marche pas.
Silence, je hâte le pas. Je passe mon chemin.

Une fois ma porte close, secouée, je sanglote en crispant les poings.
Le choc - ce n'est pas la première fois, loin de là, mais comment s'y "habituer" ? L'incertitude - peut-être aurais-je dû réagir ? Le dégoût - pas de lui, non, mais du fait qu'il me force à douter de moi-même, qu'il annule ma valeur et ma personne, et même du fait que je ne me sente pas tout à fait autorisée à pleurer pour ça. La peur. La colère - contre lui, contre moi-même, contre lui parce que je suis en colère contre moi-même à cause de lui.

Ca a tout gâché. Ma bonne journée, ma super soirée, l'anticipation des vacances, tout.
"Je vais te tuer la bouche, pétasse", et j'ai perdu pied.


Love from Paris,


PS : Je vais bien.


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