vendredi 30 janvier 2015

Au pays des merveilles

Paris a un don. Le don de surprendre. On pense en avoir fait le tour, l'ennui guette, la routine s'installe, les boulevards succèdent aux avenues, les immeubles haussmanniens se ressemblent, se clonent et se répandent...
Et là, bim bam BOUM !


La semaine dernière, au cours d'une promenade tranquille avec une amie, à deux pas de Saint-Germain-des-Près, en terrain connu et parcouru, au détour d'une petite rue, nous découvrons des abat-jours géants qui colorent l'horizon. Nous voilà le nez en air et le doigt tendu vers le ciel, à nous exclamer et à chercher le plus joli de tous (autant vous dire que ce fut impossible à déterminer !).


Un truc bizarre, inhabituel, différent, inattendu, surprenant. Beau. Une ruelle qui nous transporte dans une petite ville du sud de la France, un magasin qui fait voyager dans le temps, un ciel bleu radieux, des jeux de lumière et de couleurs, un jardin discret, un musée insolite, un petit marché aux saveurs d'ailleurs... Ce sont eux qui font le charme et la beauté de Paris, ce "je ne sais quoi" que les touristes ne trouveront pas nécessairement parce qu'il faut marcher au hasard, se perdre, sortir des sentiers battus, et laisser à la ville la chance de nous atteindre et nous surprendre, pour les trouver. Il ne faut ni les attendre ni les chercher, tomber dessus par hasard fait partie de la magie.
La Ville-Lumière est un voyage à elle-seule.

Love from Paris,

mercredi 21 janvier 2015

Une histoire de tissus et de siècles, et de toits

C'était l'absent de mon précédent billet, le voilà : le Sacré-Cœur...


Deuxième monument parisien le plus visité par les touristes derrière Notre-Dame, je l'ai aperçu à plusieurs reprises ces derniers mois mais je ne l'avais pas approché. C'est donc avec un plaisir gourmand que j'ai accompagné Flo qui voulait jeter un coup œil aux tissus à Montmartre.
En ce moment, je me sens l'âme touristique. Plus que jamais, je m'émerveille chaque jour de la beauté de Paris, de ma chance de pouvoir prendre un bus qui passe juste devant le Louvre, comme ça, tout naturellement. Plus que jamais, je veux arpenter ces rues, visiter ces endroits, voir ces pierres, et me sentir vivante en cette ville.


Mon quota de divagations rempli, je passe à la vraie histoire.
Nous voilà juste au pied du Sacré-Coeur, à côté des Halles Saint-Pierre, devant un énorme bâtiment qui déroule des mètres et des mètres de tissus de toutes les couleurs sur cinq étages. En poussant la porte, on entre dans un univers fait de taffetas, de velours et de soie, on voyage dans le temps, sous le regard des maîtres des lieux qui se promènent fièrement, un mètre à mesurer à la main. C'est comme si, tout à coup, on nous avait déposé délicatement et sans prévenir au beau milieu du Bonheur des Dames. Tout est découverte, les mains traînent sur des rouleaux doux puis rêches puis pelucheux, les couleurs vives appellent les yeux, les motifs tourbillonnent... C'est un enchantement des sens - un de ces instants de grâce, entre deux dimensions spatio-temporelles, que j'adore. 


Puis on grimpe tout en haut de la butte, et on admire les toits. Que faire d'autre ?


Comme par magie, au détour d'une ruelle, des lumières s'infiltrent dans un interstice et nous accompagnent dans notre descente vers le métro. Abbesses, Pigalle, Saint-Georges, Notre-Dame-de-Laurette... les stations défilent, on remonte le fil du temps et retrouve la ville que l'on connaît - jusqu'à la prochaine aventure.

Love from Paris,

dimanche 18 janvier 2015

Vagabondages touristiques - Mathilde

Voilà un article tout en douceur sucrée sur la venue de Mathilde, amie rencontrée au cours de mes pérégrinations britanniques, avec laquelle je partage le goût de bien des choses (id est le chocolat, le thé, les gâteaux et les films de Miyazaki, notamment).
C'était en décembre dernier, elle était à Paris pour 29 heures montre en main alors on n'a pas traîné, récit en images :


Dimanche, 15h. Vagabondages touristiques - donc, pour une fois, j'avais le droit de prendre en photo la pyramide du Louvre ! On commence notre balade par le palais, sans entrer dans le musée. Il ne fait pas franchement beau mais c'est correct pour un mois de décembre, alors on préfère capter quelques rayons de soleil et éviter la foule amassée à l'intérieur.


Sous l'arc, c'est magique : un kilt et une cornemuse au beau milieu de Paris... Rien de mieux pour raviver bien des souvenirs et nous projeter quelques mois en arrière quand nous étions toutes les deux étudiantes Erasmus dans le nord de l'Angleterre.


Nos pas nous mènent dans le jardin des Tuileries dont l'axe central est envahi...


... mais les allées parallèles, qui ne manquent pas d'un charme tout géométrique, sont bien plus calmes !


Les décorations de Noël ajoutent à la magie de la capitale - ou la créent parce que la grisaille hivernale ne met pas exactement la ville en lumière !


Et hop, un petit détour aux Galeries Lafayette, juste pour le plaisir de voir leur arbre de Noël. Qui est, eh bien, original, puisque sens dessus dessous. C'est coloré, doré, des lumières fluos s'enroulent autour... c'est très Galeries Lafayette, en fait.


Ensuite, c'est l'heure du goûter, heure sacrée s'il en est. On s'enfonce dans un petit passage qui sent bon Noël, la magie et la douceur de vivre, juste à côté du Musée Grévin (qui lui sent la cire et la célébrité pétrifiée donc on n'y rentrera pas !).


Mathilde avait une idée bien précise : on se réfugie au Valentin, qui a tout ce qui fait le charme d'un salon de thé - du cosy, de la chaleur, du très bon thé et des pâtisseries brillantes et colorées. Les gourmandes que nous sommes savourent la pause.


Avant de repartir. On voulait admirer les illuminations des Champs Elysées, on a été déçues. Rien de bien extraordinaire (sauf le fait que les ampoules dans les arbres sont des ampoules basse consommation, yay !), pas vraiment la magie qu'on espérait même si c'est mieux que les horribles cerceaux violets des années précédentes. Du coup, on est juste aveuglées par les phares des voitures - et fatiguées.


Au retour, histoire de rester dans le thème des lumières et des fêtes qui approchent, on fait un passage par la rue Mouffetard et son dais d'étincelles.
Repas, extinction des feux à 22h30, la fatigue l'emporte !


Lundi, 10h. On prend les mêmes - Mathilde, Paris et moi - et on recommence. Cette fois-ci tout commence par le parvis du Panthéon et l'image de la Tour Eiffel décapitée par la brume. Oui, c'est décidément "touristique", il y aura une mention de tous les monuments clichés de Paname dans ce billet - il ne manque que Montmartre et le Sacré-Cœur. Mais qu'est-ce que ça fait du bien de prendre son temps, de ne pas être Parisienne pour quelques heures, et de faire de longues pauses pour prendre des photos !


Photo penchée du Panthéon... Je crois que le pire là-dedans reste néanmoins les arbres et les atroces nœuds et petits fils argentés qui sont accrochés à leurs branches. Non ?


Dans la crypte, Dumas, Hugo, Jean Moulin reposent, et le silence s'impose.


Après cette virée dans l'histoire et la littérature françaises, nous nous retrouvons dans Shakespeare & co, devant l'histoire et la littérature anglophones. Rendez-vous des anglo-saxons parisiens, des touristes, et des parisiens branchés, la librairie fait face à Notre-Dame. Les livres emplissent l'espace biscornu, les étagères cloisonnent les murs du sol au plafond, ça sent le papier neuf et le papier d'occasion jauni par les lectures, les mots sont murmurés, feutrés, comme sacrés - tout est livre.


Notre-Dame, nous y voilà ! Sur le parvis, des touristes et des pigeons, une scène immuable.


La cathédrale de Durham me manque. Mais c'est beau quand même. Mais Durham, c'est plus beau.


A la sortie de la cathédrale, on a faim et on a un peu de temps. On retourne se promener du côté de la rue Mouffetard et de tous ses restaurants, innocemment.


Après un bon repas, nous voilà à deux pas de la gare d'Austerlitz, en face de la gare de Bercy, tout près de la Seine...


... dans un bâtiment ultra-moderne, tout de béton armé. Là se trouve le musée Art Ludique qui abrite pour quelques temps une exposition sur les dessins des studios Ghibli. On se balade avec le château ambulant, on vole avec Nausicaa, je découvre Totoro, on plonge dans la mer avec Ponyo, on admire la technique, on s'extasie devant le réalisme et les petits dessins super mignons de Miyazaki. Le bonheur.

Puis elle est repartie, j'ai perdu mon statut de touriste, je suis triste, mais elle revient en mars. 
Je suis sur un quai de la Gare d'Austerlitz et je t'attends, Mathilde !

Love from Paris,

vendredi 16 janvier 2015

mercredi 7 janvier 2015

Clarissa. Yoav. Franck. Ahmed. Yohan. Michel. Elsa. Frédéric. Philippe. Mustapha. Honoré. Tignous. François-Michel.Bernard. Charb. Wolinski. Cabu.

[Edit du 8 janvier 2015]
Paris aujourd'hui ressemblait presqu'en tous points au Paris d'avant. Et je trouve ça dur. Ou alors c'est rassurant, la vie l'emporte, on n'a pas peur ? Mais moi j'ai peur - pas des attentats, pas pour ma vie, mais de la suite, de ce qui va arriver en France, de ce qui va sortir de tout cela, de ce qu'on va faire ou ne pas faire ou faire mal.
Il manque bien des choses dans ce que j'écrivais hier (et aussi dans ce que j'écris aujourd'hui...). Peut-être bien des nuances, peut-être de la force. C'était ce qui me semblait juste, hier ; c'était ce que j'avais dans le cœur. J'y crois encore, j'y crois toujours. L'union fera notre force, la non-violence sera notre "arme" la plus efficace. Il va nous falloir nous interroger, réfléchir aux sources du problème, penser plus large, au-delà. Ne pas oublier, faire plus que des hashtags.

***

Je suis rentrée à Paris aujourd'hui, c'est dans le train que j'ai entendu ce qui était arrivé à Charlie Hebdo. C'est donc sous le choc que je suis arrivée Gare de Lyon. Paris n'est pas paralysée, Paris n'est pas paniquée, pas de scène de psychose. Les enfants jouent, les gens font des courses, les soldes commencent, la vieille dame à la caisse devant moi évoque l'histoire mais la caissière n'en a pas entendu parler. La vie et la ville ne s'arrêtent pas. 

Copyright : Jean Jullien

C'est un drame, je suis bouleversée, je suis inquiète, et le message et les larmes de Philippe Val, ancien directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, me sont allés droit au cœur :
"La terreur doit pas empêcher la joie de vivre, la liberté d'expression... la démocratie. [...] On doit faire front, on doit rester très très solidaires... c'était des gens qui voulaient juste qu'on vive heureux  [...] Peut-être que les médias n'ont pas été à la hauteur pendant toutes ces années sur cette radicalisation... on n'a pas assez parlé de cette montée du fondamentalisme en France, on n'a pas assez tiré la sonnette d'alarme. [...] Il ne faut pas que ce soit le silence qui gagne. [...] Il faut continuer à rire... c'est l'arme absolue, le rire."


Rire, oui. Mais rire avec respect, rire sans généraliser, rire sans se moquer. Et écouter, écouter les autres.
Faire front, tous ensemble. La liberté d'expression a été attaquée, la fraternité est en danger. Plus que jamais, se rappeler des valeurs que notre pays dit porter.
Toujours se rappeler que rien de ce que nos ancêtres ont gagné de haute lutte pour nous n'est acquis, que nos droits, nos libertés, notre démocratie (bien que fragile et très imparfaite) doivent être protégés, soignés, entourés... et améliorés !

Copyright : David Pope

"Notre pays ne sera plus le même.", dit Val. J'espère. J'espère qu'on va apprendre, qu'on va en tirer des leçons, que le silence ne s'installera pas et qu'on n'oubliera pas. Surtout, ne pas oublier. Ne pas désespérer. Et ne pas répondre à la violence par de la violence, quelle qu'elle soit.

"En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur." - Gandhi

LOVE from Paris,

mardi 6 janvier 2015

Pour finir 2014

2014 s'est achevé loin de Paris, bien loin de la ville, tout près des montagnes, et c'était bon - pas beaucoup de neige mais tout ce qu'il fallait d'air pur !









(ces trois dernières photos ont été prises à Annecy)

C'est reparti pour un tour, 365 nouveaux jours. 

Bonne année et love from (not) Paris,