[Edit du 8 janvier 2015]
Paris aujourd'hui ressemblait presqu'en tous points au Paris d'avant. Et je trouve ça dur. Ou alors c'est rassurant, la vie l'emporte, on n'a pas peur ? Mais moi j'ai peur - pas des attentats, pas pour ma vie, mais de la suite, de ce qui va arriver en France, de ce qui va sortir de tout cela, de ce qu'on va faire ou ne pas faire ou faire mal.
Il manque bien des choses dans ce que j'écrivais hier (et aussi dans ce que j'écris aujourd'hui...). Peut-être bien des nuances, peut-être de la force. C'était ce qui me semblait juste, hier ; c'était ce que j'avais dans le cœur. J'y crois encore, j'y crois toujours. L'union fera notre force, la non-violence sera notre "arme" la plus efficace. Il va nous falloir nous interroger, réfléchir aux sources du problème, penser plus large, au-delà. Ne pas oublier, faire plus que des hashtags.
***
Je suis rentrée à Paris aujourd'hui, c'est dans le train que j'ai entendu ce qui était arrivé à Charlie Hebdo. C'est donc sous le choc que je suis arrivée Gare de Lyon. Paris n'est pas paralysée, Paris n'est pas paniquée, pas de scène de psychose. Les enfants jouent, les gens font des courses, les soldes commencent, la vieille dame à la caisse devant moi évoque l'histoire mais la caissière n'en a pas entendu parler. La vie et la ville ne s'arrêtent pas.
Paris aujourd'hui ressemblait presqu'en tous points au Paris d'avant. Et je trouve ça dur. Ou alors c'est rassurant, la vie l'emporte, on n'a pas peur ? Mais moi j'ai peur - pas des attentats, pas pour ma vie, mais de la suite, de ce qui va arriver en France, de ce qui va sortir de tout cela, de ce qu'on va faire ou ne pas faire ou faire mal.
Il manque bien des choses dans ce que j'écrivais hier (et aussi dans ce que j'écris aujourd'hui...). Peut-être bien des nuances, peut-être de la force. C'était ce qui me semblait juste, hier ; c'était ce que j'avais dans le cœur. J'y crois encore, j'y crois toujours. L'union fera notre force, la non-violence sera notre "arme" la plus efficace. Il va nous falloir nous interroger, réfléchir aux sources du problème, penser plus large, au-delà. Ne pas oublier, faire plus que des hashtags.
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Je suis rentrée à Paris aujourd'hui, c'est dans le train que j'ai entendu ce qui était arrivé à Charlie Hebdo. C'est donc sous le choc que je suis arrivée Gare de Lyon. Paris n'est pas paralysée, Paris n'est pas paniquée, pas de scène de psychose. Les enfants jouent, les gens font des courses, les soldes commencent, la vieille dame à la caisse devant moi évoque l'histoire mais la caissière n'en a pas entendu parler. La vie et la ville ne s'arrêtent pas.
Copyright : Jean Jullien
C'est un drame, je suis bouleversée, je suis inquiète, et le message et les larmes de Philippe Val, ancien directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, me sont allés droit au cœur :
"La terreur doit pas empêcher la joie de vivre, la liberté d'expression... la démocratie. [...] On doit faire front, on doit rester très très solidaires... c'était des gens qui voulaient juste qu'on vive heureux [...] Peut-être que les médias n'ont pas été à la hauteur pendant toutes ces années sur cette radicalisation... on n'a pas assez parlé de cette montée du fondamentalisme en France, on n'a pas assez tiré la sonnette d'alarme. [...] Il ne faut pas que ce soit le silence qui gagne. [...] Il faut continuer à rire... c'est l'arme absolue, le rire."
Rire, oui. Mais rire avec respect, rire sans généraliser, rire sans se moquer. Et écouter, écouter les autres.
Faire front, tous ensemble. La liberté d'expression a été attaquée, la fraternité est en danger. Plus que jamais, se rappeler des valeurs que notre pays dit porter.
Toujours se rappeler que rien de ce que nos ancêtres ont gagné de haute lutte pour nous n'est acquis, que nos droits, nos libertés, notre démocratie (bien que fragile et très imparfaite) doivent être protégés, soignés, entourés... et améliorés !
Copyright : David Pope
"Notre pays ne sera plus le même.", dit Val. J'espère. J'espère qu'on va apprendre, qu'on va en tirer des leçons, que le silence ne s'installera pas et qu'on n'oubliera pas. Surtout, ne pas oublier. Ne pas désespérer. Et ne pas répondre à la violence par de la violence, quelle qu'elle soit.
"En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur." - Gandhi
LOVE from Paris,


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