samedi 28 février 2015

L'année de la chèvre

La semaine dernière, bien des humains sur notre planète célébraient le début d'une nouvelle année, selon le calendrier lunaire : l'année de la chèvre. Dimanche, les rues du XIIIème arrondissement de Paris se sont peu à peu noircies de monde, sous un soleil qui aurait pu être printanier s'il avait su contrer le froid hivernal.
C'était un spectacle étonnant, un voyage pour le prix d'un billet de métro. Des dragons et des ballons coloraient la foule ; des pétards et des percussions venues d'un orient lointain rythmaient les battements du sang dans nos veines ; des bâtonnets d'encens parfumaient l'air. Bon, je m'emporte un peu, un reste de l'enthousiasme de la journée, un enthousiasme fait de la joie de la foule, de rires d'amis, de début de vacances et de ciel bleu.

Morceaux choisis :




















Pour un moment d'immersion :



De ce mélange bizarre du Paris qu'on connaît bien, du Paris gris, et des couleurs de la fête et d'un orient souvent fantasmé parce que méconnu, naissait des trépidation inédites. Des souvenirs de voyages, d'adrénaline et de curiosité, renaissaient. 
D'après les horoscopes, il nous faut nous attendre à de l'inattendu... Bonne année, puisse-t-elle être une aventure !

Love from Paris,

vendredi 20 février 2015

Les mots (maux ?) de la ville

Cela fait longtemps que je collectionne des fragments de conversations, grappillés dans le bus ou attrapés au vol dans la rue (j'ai des passe-temps marrants, hein ? On en reparlera !).
Depuis peu, je me suis mise à récolter d'autres mots trouvés dans la rue, et ceux-là sont écrits sur les murs. Parfois de l'art, souvent de la poésie, toujours des morceaux d'humanité...


"Même les méchants rêvent d'amour" proclamait un autre mur. Bien sincèrement, croyez-moi, je vous envoie tout mon...

...love from Paris,

dimanche 15 février 2015

Soleil d'hiver

Samedi, 10h. Je me suis réveillée tard, préparée à toute vitesse, et là j'ouvre mon lourd volet métallique et je découvre le soleil radieux, le ciel bleu, l'air pur... Il fait beau et ma motivation pour la journée des métiers du ministère des Affaires étrangères (le MAE pour les intimes, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international pour les rigoureux) descend en flèche. Je regarde ma "liste des choses à voir à Paris", elle est longue, il fait beau... c'est décidé, je pars me promener. Vadrouiller, errer, me perdre dans les rues  - c'est le seul but de la journée.

4° arrondissement - Tout commence dans ces rues de Paris où le temps semble avoir été mis sur pause au tournant XVIIème-XVIIIème siècle. Enfin, si on ne regarde que l'architecture. Parce que, pour ce qui est du reste... un mot : "touristes". J'ai été présomptueuse, je ne suis évidemment pas la seule à avoir vu le bleu du ciel et la lumière du soleil, les rues sont noires de monde, un monde bien ancré dans le XXIème siècle. Je reviendrai un jour de pluie !

Rue Charlemagne
Bibliothèque historique de la ville de Paris
Place des Vosges
Place des Vosges

Bastille - Pour un peu de géométrie, de modernité et de lignes droites, Bastille et son opéra semblent tout indiqués. 

Bastille
L'Opéra Bastille, de dos
Passage du Chantier

Rue Crémieux - Pour une explosion de couleurs, on m'avait conseillé la rue Crémieux. C'est une de ces rues de Paris qui ne ressemblent pas à Paris, une de ces rues sans immeuble haussmannien, une de ces rues qui auraient pu se trouver dans une petite ville provinciale, une petite ville du sud de la France. Le fait de ne pas tomber dessus par hasard mais de la chercher et de la trouver sur une carte gâche un peu de la magie - mais les couleurs sont là, le voyage est au rendez-vous.



La Seine - En traversant le pont d'Austerlitz, je regarde l'eau miroiter et la lumière du soleil finissant réchauffer les façades. Alors que je m’apprêtais à rentrer à la maison, je me dis que, finalement, il me manque encore un peu de vitamine D.  

la Seine


Envol de mouettes


Lueurs du soleil couchant

Notre-Dame rougit sous la caresse du soleil.

18h30. Le soleil s'efface peu à peu, survole les banlieues, et les rues s'assombrissent. Le froid ne peut plus être ignoré. J'entends l'appel de la bouilloire (pas de surprise de ce côté-là, n'est-ce pas ?) et je rêve de camomille (pas de surprise non plus !).

Love from Paris,

dimanche 8 février 2015

Plaidoyer pour le dysfonctionnement permanent des bus parisiens

Oui, je suis sérieuse. Oui, je veux que les bus parisiens soient constamment en retard, enferrés dans des bouchons, remplis de gens bizarres.
Seulement les bus, bien sûr, pour une raison un peu particulière. Ceux qui prennent le bus sont bien les seuls qui pourraient ne pas (trop) se plaindre des dysfonctionnements. Il faut vouloir le soleil et la ville, la pluie et la vie. Il faut être patient pour accepter les rythmes inégaux, les temps de trajets variables, les embouteillages et la circulation parisienne (le métro, lui, arrive et repart à intervalles réguliers, monotone et routinier (sauf si on est sur la ligne 13 (bien sûr)) (tiens, ça faisait longtemps que la malédiction des parenthèses n'avait pas frappé)).

19h15, vendredi. Un froid glacial, coupant, tranchant vif. J'arrive à toute vitesse à l'arrêt de bus, lève machinalement les yeux vers... eh non, pas d'écran d'affichage des délais d'attente, ou peut-être devrais-je dire "plus d'écran". Les nouveaux arrêts sont très jolis, ils ont une tête moderne avec leurs lignes élégantes, leur simplicité, et il y a ce grand poteau qui porte un signe "Bus" et les rend plus visibles. Mais le fonctionnement n'est pas encore optimal. C'est bien beau, on peut appuyer sur un bouton et la carte du réseau s'illumine mais on n'a pas les fichus délais. Pas grave, je rejoins l'ado, l'homme à lunettes, et la jeune femme dans leur attente.
Attente qui s'éternise. L'ado nous glisse que ça fait "au moins une demi-heure" qu'il est là. Mais c'est un ado. Donc on divise par six. La jeune femme nous apprend qu'à l'arrêt précédent, ils indiquaient une attente de neuf minutes donc le bus ne tardera pas. On bavarde. Les nouveaux arrêts, l'attente, le froid, les touristes qui demandent leur chemin et mon accent en anglais quand je leur indique la direction de Saint-Germain-des-Prés. On rit. Ça réchauffe.
L'ado tient son téléphone à bout de bras, apparemment il a pris les clés de sa mère qui est donc bloquée dans le couloir et crie très très fort. Le monsieur à lunettes essaie de calculer les probabilités que le bus arrive pendant qu'il marche vers l'arrêt suivant. L'ado part avec lui. Et, évidemment, le bus arrive à ce moment-là, l'ado fait demi-tour en courant, et l'homme à lunettes court à l'arrêt suivant.

Dix minutes plus tard, je descends devant le Jardin du Luxembourg, pour trouver mon deuxième bus. Une bonne trentaine de personnes à l'arrêt, c'est mauvais signe. Mais l'ambiance est bonne, quelques blagues fusent. Cette fois-ci, il y a un écran. 7 minutes d'attente. Je préfère marcher jusqu'à l'arrêt suivant : tant qu'à attendre, autant me réchauffer. Une fois celui-ci atteint, je réalise que prendre le bus ne me fera pas vraiment gagner du temps. Alors je calcule le nombre de feux rouges, mon empreinte carbone, et réalise que le véhicule sera plein, à cette heure-là. Mieux vaut continuer à pied.
Une bande de joyeux-lurons en kilt fait du bruit dans un bar (ils ne savent pas encore que leur équipe de rugby perdra le lendemain contre la France (les pauvres)) ; je rattrape Rousseau qui glisse, le vieux bouquiniste me sourit et raffermit sa prise sur la pile de livres jaunis ; je réponds au signe de la main de la boulangère qui ferme le rideau métallique (je suis fière, je connais bien mon petit quartier). Le bus tourne à mes côtés et arrive à l'arrêt exactement 32 secondes avant moi. J'accélère le pas et zigzague entre les membres d'une famille qui transportent avec excitation des bagages vers une voiture. Une limousine s'arrête de l'autre côté de la rue, le chauffeur ouvre une porte à l'arrière et je découvre un hôtel 4 étoiles à l'entrée discrète (en fait, je ne connais pas bien mon quartier du tout !).
Me voilà devant mon immeuble, il est 19h47, je rentre au chaud, et allume la bouilloire pour me faire un bon thé. Si j'avais eu tous mes bus au bon moment, j'aurais gagné une grosse dizaine de minutes, pas plus, et j'aurais perdu tous ces morceaux de vies. Et alors, imaginons un instant (mais un court instant) : si j'avais pris le métro, je n'aurais vu que des visages fatigués, je n'aurais pas pu m'asseoir, je n'aurais pas fait de sport, je n'aurais pas pris l'air, et encore une fois j'aurais perdu tous ces moments.

J'aime le bus parisien, et tous ses défauts - et c'est bien pour ça que je râlerai, mais en silence, la prochaine fois qu'il arrivera en retard ! Ou alors je marcherai.

Love from Paris,