vendredi 24 octobre 2014

Souviens toi de vivre.

Memento mori à l'envers ou presque.
Il y a trois semaines, je visitai la basilique-cathédrale de Saint-Denis. Enfin.
C'était un voyage dans le temps, quinze siècles d'Histoire de France en accéléré.

Ça valait le coup, rien que pour la visite guidée de deux heures avec une passionnée, rien que pour entendre parler de regalia (insignes du pouvoir royal), de transis et de gisants, d'architecture ogivale (et pas "gothique", qui est un terme péjoratif), de morbide et de flamboyant.


Tout au bout de la ligne 13, se trouve un joyau d'architecture médiévale, la première cathédrale "gothique" française (bon, Sens revendique aussi le titre, il serait difficile de les départager...). Il est vrai que les échafaudages n'en laissent pas voir grand'chose pour le moment mais l'intérieur vaut le détour !


Pépin le Bref et Berthe "Aux grands pieds" (qui avait en fait un pied bot) nous y accueillent à bras croisés, gisants obligent. L'ombre de l'abbé Suger plane. De très très vieux fantômes nous frôlent, malicieux. 



Il ne fait pas très beau mais la lumière colorée par les vitraux inonde le bâtiment. Tout n'est que hauteur et luminosité, élégance et jeux d'ombres.


Les visiteurs jouent à cache-cache derrière les piliers. les flashs des appareils photos font connaître la lumière à de pauvres pierres coincées dans des recoins reculés, les conversations s'entre-mêlent, on est loin du silence de cathédrale. La vie a envahi ce mausolée royal.


Des caveaux vides, des gisants sans cadavres : la Révolution a atteint les monarques même dans leur mort. Et pourtant toutes ces traces de leurs sommeils éternels sont autant de témoignages qu'ils furent des vivants, des personnes de chair et de sang. Ils me semblent tout à coup plus humains, plus proches, si semblables, si émouvants.


Les cendres mêlées des familles royales françaises se trouvent derrière trois murs d'une toute pièce de quatre mètres carrés. Les noms sont gravés dans la pierre. Là, le silence s'impose.


Le passé est révolu, vive le présent !

Love from Paris,



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