Sciences Po ouvre des portes, c'est bien connu. Bon, je n'ai toujours pas trouvé de stage - donc il faut que je fasse attention à ne pas faire de la publicité mensongère. Mais, parfois, ces quelques syllabes sont un sésame précieux. J'avais visité l'Assemblé nationale, j'ai pu entrer dans les locaux de l'UNESCO. En fait, il est tout à fait possible de s'inscrire pour une visite guidée (ici) mais je l'ignorais et ça me paraît intimidant - et puis le faire avec un groupe de Sciences Po m'a permis de rencontrer l'ambassadeur de France à l'UNESCO (ancien étudiant de notre bonne vieille institution oblige...).
Donc, jeudi 23, mon bus me dépose entre l'Ecole militaire et l'immense bâtiment moderne de la place Fontenoy. Bâtiment dont je fais plusieurs fois le tour, à la recherche des organisateurs de la visite - qui étaient en retard. On entre, on passe les contrôles de sécurité stricts et maussades, j'oublie d'enlever mon téléphone de la poche de mon manteau, je suis sèchement rabrouée, on me laisse passer, on retrouve notre guide. Un spécialiste des génocides et des crimes contre l'humanité, ambiance.

A toute vitesse, on parcoure des couloirs, et on s'installe dans la salle des grandes assemblées, celle qui fait rêver et qui impressionne, celle qui était la plus grande salle de Paris jusqu'à la construction du Philharmonique. Celle qui fait réaliser qu'il y a 195 Etats-membres (un de plus qu'à l'ONU, la Palestine depuis 2011, geste politique s'il en est !). Soit 190 de plus que dans ma petite famille, soit 190 difficultés de plus pour trouver un terrain d'entente et un accord, alors que c'est déjà relativement problématique à cinq (bonjour, l'euphémisme), et là on comprend mieux le problème.
On retourne se balader dans les couloirs et on découvre la collection d’œuvres d'art géante de l'organisation, une des plus grandes collections du monde. Picasso (La Chute d'Icare), Miro, Giacometti... Et au milieu de ces œuvres protégées et privilégiées, des photos de monuments syriens et irakiens, avant leur destruction. Ça peut sembler un enjeu de second plan, au regard de toutes les vies humaines perdues. Et ça l'est. Mais c'est aussi un enjeu de sécurité et de paix, quelque chose qui attaque ce que nous sommes, nos histoires communes et individuelles.
On a discuté avec l'ambassadeur de France (discussion top secrète (en fait, pas du tout, mais allumer TF1 à 20 heures et aller sur la page Wikipédia de l'UNESCO devrait vous en apprendre tout autant)).
Et voilà ! Etudier le fonctionnement des organisations internationales, en long, en large, et en travers, cette année, m'a plutôt rendue amère et désillusionnée et je ne suis pas une de leurs plus ferventes admiratrices. Il n'en reste pas moins que s'asseoir dans la salle des assemblées générales rappelle les récits émouvants de mes professeurs d'histoire contemporaine, les récits d'une époque pas si lointaine où l'on espérait que les Etats pourraient travailler ensemble, main dans la main, à la construction d'un monde meilleur.
Love from Paris,



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