lundi 13 avril 2015

Etudier l'Histoire...

C'est se rendre compte que nous sommes partie de quelque chose qui nous dépasse, individuellement.

Et ça ne peut pas faire de mal. Parce que ça nous rapetisse et relativise notre importance : que sommes-nous par rapport à tous ceux qui ont été et tous ceux qui seront ? Mais surtout parce que ça procure un sentiment d'appartenance à une communauté globale, à l'humanité - toutes ces fois où je me suis exclamée "ah je me sens moins seule" ou encore "oh c'est dingue, eux aussi ils faisaient ça", devant un bouquin écorné et usé ! Ceci, en particulier, me semble inestimable, en ce XXIème siècle où sont valorisés les "contacts" humains dématérialisés et virtuels, à distance, où l'individualisme domine, où l'on multiplie les appartenances et les identités - et les dépressions.

Etudier l'Histoire - bon, et l'environnement - me rappelle quotidiennement que je suis humaine, que je ne fais rien de neuf sous le soleil et que ne rien faire sous le soleil, c'est à la fois terrible et merveilleux, que ma vie n'est ni plus ni moins importante que celle de mon voisin. Voire même ni plus ni moins importante que celle de ce petit insecte dont la présence est nécessaire au fonctionnement correct de tout un écosystème. Etudier l'Histoire, c'est aussi un peu vertigineux, surtout quand on se penche sur la vie quotidienne, sur les histoires. Là, on regarde toutes ces vies, tant de vies - comme un écrivain qui regarde tous les humains qui s'approchent et passent à côté de lui, dont il ne connaîtra jamais les histoires, comme tout un chacun face à l'immensité de l'univers et à ses innombrables étoiles. Vertigineux, mais beau.

C'est important l'histoire. Ça fait réfléchir sur un peu tout, sur le reste du monde, sur notre place, sur ce que ça signifie être citoyen. C'est ce que mes parents m'ont enseigné, ce que j'ai cru, ce que je n'avais jamais autant vécu avant de me plonger à corps perdu dans un mémoire. Le mémoire, ça aussi, c'est un sacré truc qui nous dépasse. J'aurai passé un an de ma vie sur ce sujet, sur ce projet. C'est un truc sans prétention, pour moi-même. C'est bon d'entrer en profondeur dans un sujet qui nous intéresse, de comprendre et de progresser, de produire quelque chose, de travailler sa faculté à s'ouvrir au reste du monde, une méthodologie et une rigueur... Et puis c'est un travail de confiance en soi et de lutte quotidienne contre le doute de ses propres capacités.

Dans Comment écrire une thèse (c'est devenu mon livre de chevet), Umberto Eco écrivait : "votre thèse est comme votre premier amour : elle va être difficile à oublier."
Tant mieux.

Love from Paris,

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