Rien à voir, photo prise pendant la Nuit Blanche 2014 (octobre), place du Panthéon
Et c'était mon premier ballet... Casse-Noisette, la musique de Tchaïkovski, un élément de surprise, l'opéra Bastille, une amie de lycée, une nuit bien glaciale, l'intense fatigue du moment, un ingrédient mystère (il y en a un dans toutes les recettes). Bien mélanger le tout, vous obtenez une soirée qui fait chaud au cœur en ce début glacial de décembre.
Bon, malheureusement, j'étais, disons, "distraite" pendant une heure et demi, pas tout à fait attentive et vraiment pas atteinte. Ce que je veux dire par là c'est que je ressentais... eh bien, je ne ressentais rien. Ni la musique ni la danse ne parvenaient à me faire éprouver quoi que ce soit, j'étais anesthésiée. Les conditions étaient particulières mais, quand même, je suis une grande émotive, ce genre de trucs, ça m'atteint d'ordinaire. Là, j'étais retranchée dans une bulle cotonneuse et mon petit côté schizophrénique se faisait ressentir, avec une voix qui disait toute doucement "Ma chère Maud, il est temps de se secouer. Tu es en face d'un ballet. Un bal-let. BALLET. Youhou !" Et une autre voix... non, pardon pas d'autre voix, elle s'était endormie.
Bref, il m'a fallu du temps mais ça a fini par arriver. Après l'entracte. Et là, j'ai été émerveillée. En vrai, c'est tout ce que je demande - être émerveillée. Le plus possible, le plus souvent possible, le plus longtemps possible. Exigeante ? Moi ?!
Hum. Revenons à nos entrechats et arabesques. Nous étions donc à l'Opéra Bastille, au sommet de la salle, perchées dans les airs, avec une superbe vue en plongée sur la scène. L'orchestre se prépare, s'échauffe, les balcons se remplissent progressivement, on repère déjà ceux qui vont être bruyants et agaçants, les pédants sont les plus sonores ("Oh ce n'est qu'une métaphore ductile et à peine esquissée du cosmos, qui induit une sorte de diplopie et d'état psychédélique. Et figurez vous qu'il a écrit le texte sur un palimpseste, et qu'il n'y a pas une seule didascalie ! Bon, bien sûr, le résultat est un tantinet abscons, mais c'est fascinant du point de vue de l'herméneutique." - phrases imaginées), tout se met en place.
Casse-Noisette, ce ballet-féerie de Tchaïkovski (je tairai les noms mais on disait à ma gauche que l'on connaissait l'histoire grâce à Barbie Casse-Noisette... Hum hum.), ce fut une chance incroyable malgré mon état. J'avais beau être ahurie, je me rendais compte, bien raisonnablement, que l'orchestre était très bon, que les décors étaient splendides et que leur mise en place était parfaitement exécutée, que les costumes étaient réussis...
Je ne vais pas non plus écrire une critique, je ne m'y connais pas du tout. Mais même sans rien savoir, je voyais bien que la mise en scène était chouette mais sans surprise. Le danseur étoile et un des couples de l'acte 2 étaient incroyables, émouvants même de très loin, vibrants. En revanche, la danseuse étoile ne m'a jamais touchée, ne m'a jamais fait ressentir quelque chose (au point que je me disais juste que ça ne devait pas être marrant de passer sa soirée sur la pointe des pieds...) et m'a même fait peur à plusieurs reprises parce qu'elle semblait un peu vacillante, un peu tremblante. Et c'est dommage parce qu'on la voyait beaucoup, elle.
Ceci dit, ce fut un moment de grâce et de légèreté, féerique et poétique, un peu étrange parce qu'il était hors du temps, hors de ma course effrénée et de mon remue-méninges perpétuel.
Révérences, on applaudit vigoureusement pendant dix bonnes minutes, rideau.
Deux évidences : il faut que je retrouve mon lit le plus vite possible, et il faut que je retourne voir un ballet dans de meilleures conditions, histoire de vérifier que je ne suis pas devenue insensible !
Love from Paris,




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire